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11 SEPTEMBRE 2010 " 9 ans après

 
 
"Pardonne-leur. Ils ne savent pas ce qu'ils ont fait". Ce sont les paroles que Jean Palombo a prononcées après la mort de son mari, Frank Palombo, l'un des 343 pompiers héroïques qui ont perdu la vie dans l'attentat des Tours Jumelles, le 11 septembre dernier, à New York. Lire la suite
 
 

Anniversaire des attentats du 11 septembre : Obama appelle les Américains à la tolérance

  Le président américain Barack Obama a lancé un appel aux Américains, lors d'une cérémonie commémorant le 9e annisersaire des attentats du 11 septembre organisée au Pentagone, pour qu'ils maintiennent la tolérance, tout en jurant de faire "tout ce qui est nécessaire" pour protéger le pays du terrorisme.

"C'est un jour de mémoire, un jour de réflection", a déclaré M. Obama "Nous allons faire tout ce qui est nécessaire pour protéger notre pays", a-t-il indiqué, mais invitant les Américains à "ne pas s'accroupir derrière le mur de soupçon" et à rester fidèles à la tradition de tolérance.
"En tant qu'Américains, nous ne serons jamais en guerre contre l'Islam", a déclaré le président Obama.
  Les cérémonies solennelles de commémoration des attentats du 11 septembre 2001 ont commencé samedi matin à Ground Zero à New York, puis au Pentagone. Au centre de Ground zero, un bassin accueillait des centaines de fleurs. Les noms des 2752 personnes qui avaient trouvé la mort lorsque deux avions ont frappé les tours jumelles du World Trade Center ont été lus, comme chaque année depuis la tragédie.
 

Un chœur a entonné l'hymne américain, tandis que les proches des victimes brandissaient les portraits de ceux qui ont trouvé la mort à Ground Zero il y a neuf ans. PHOTO MAXPPP      Habitants de New York commémorant le 9e anniversaire des attentats du 11-Septembre

      Le vice président Joe Biden, son épouse Jill Biden et le maire de New York Mike Bloomberg. (Reuters)

      Le président américain, Barack Obama, entouré de l'amiral Michael Mullen, chef d'état-major des armées des etats-Unis (à gauche), et du secrétaire d'Etat à la défense, Robert Gates, rend hommage aux victimes des attentats au Mémorial du Pentagone.

Robert Gates (Défense) et Michael Mullen (Marine) de part et d'autre d'Obama. Sur fond de tensions religieuses, le Président a tenu, au Pentagone, un discours d'apaisement, appelant à ne pas céder à "la haine et aux préjugés". (Reuters)   L'ancien maire de New York Rudy Giuliani. (Reuters)  

Beaucoup de pleurs dans l'assistance, parmi laquelle des proches des victimes. Un choeur a d'abord entonné l'hymne américain sur le site de Ground Zero, où les travaux de reconstruction ont récemment commencé à accélérer après des années de retards.           
Les célébrations ont eu lieu à plusieurs endroits du pays, comme à la Pepperdine University de Malibu, qui a installé 3000 drapeaux étasuniens
 

Le vol 93 de United Airlines

 

  Shanksville, Pennsylanie. C'est là que s'écrasait le 11 septembre 2001 le vol 93 de United Airlines, le seul qui n'atteignit pas sa cible. Les noms des victimes ont été gravés sur des bancs qui regardent en direction de l'endroit où a eu lieu l'impact, signalé par un drapeau américain au milieu d'une clairière. Le cratère a été rebouché à la demande des familles.
  Michelle Obama et Laura Bush ensemble en Pennsylvanie pour les commémorations du 11 Septembre 2001.
 

Près du mémorial du "Flight 93", à Shanksville, en Pennsylvanie, où un quatrième appareil s'était écrasé dans un champ. (Reuters)     Michelle Obama et Laura Bush avant la commémoration pour les victimes du vol 93.

  Edward Lawrence Tompkins, dit Larry : ce pompier qui n'était pas de service le matin du 11 septembre 2001 s'est retrouvé au pied des tours jumelles en feu./ Photos DDM J.-M. Ramel et AFP.« J'ai vu mourir mes collègues pompiers »
Ce matin du 11 septembre 2001, le pompier new-yorkais Lawrence Edward Tompkins, alias Larry, 39 ans à l'époque, avait décidé de passer saluer ses anciens collègues : « Je n'étais pas de service ce jour-là, mais j'avais eu une promotion et je venais d'être muté dans une autre caserne, alors je voulais leur dire au revoir. Mais quand je suis arrivé, vers 9 heures, c'était la panique, ils fonçaient tous au World Trade Center, le premier avion s'était écrasé sur la tour nord dix minutes plus tôt. Je n'ai pas réfléchi, je les ai suivis… » Mais Larry ne pénétrera pas dans les tours : sur place vers 9 h 30, c'est du dehors qu'il participe à l'évacuation de ces quelque 25 000 personnes qui ont pu être tirées du piège mortel. « Tous ceux qui ont été sauvés l'ont été avant l'effondrement des tours. Mes collègues étaient à l'intérieur. Ils sont tous morts. Tous. »

« ON SE SERAIT CRU SUR MARS »
Si Larry devait ne retenir qu'une seule image de cette matinée d'apocalypse, ce serait celle-là : « Le spectacle que nous avons découvert quand le gigantesque nuage qui a suivi l'effondrement de la première tour

[la tour sud, à 9 h 55, N.D.L.R.] s'est enfin dissipé : c'était comme une hallucination, on se serait cru sur la planète Mars… ». Cette journée maudite entre toutes a bouleversé sa vie : « Je ne fais pas de cauchemar, mais j'y pense quotidiennement. ça a changé mon regard sur la vie : j'ai pris conscience de ce qui était vraiment important, je ne m'embête plus pour des futilités, et désormais je profite à fond de chaque petit moment de bonheur. Et surtout, maintenant, quand je veux faire quelque chose, je le fais, je ne remets pas à plus tard. » C'est ce souci de « l'essentiel » qui lui fait jeter un regard navré sur les polémiques autour de la religion musulmane qui secouent actuellement les États-Unis. à propos du pasteur Terry Jones, qui avait annoncé son intention de brûler le Coran en guise d'hommage aux victimes, avant d'y renoncer, Larry dit juste : « Ce type est fou, et je trouve que les médias accordent trop d'importance à cette histoire, qui ne concerne qu'une petite cinquantaine d'illuminés… »
  La cérémonie ce samedi matin dans le square des Victimes du 11 Septembre 2001«En 2002, nous avions inauguré, devant la chapelle de la Madeleine, une sculpture d'un artiste américain qui avait vécu les attentats du 11 Septembre 2001. L'idée s'est alors imposée de créer juste à côté ce square en hommage aux victimes du World Trade center.» Jean Mignon, animateur du Mémorial de la libération de Saint-Lô, raconte l'histoire de ce square où se déroule chaque année, un hommage aux victimes du 11 Septembre. Ce midi, quelques dizaines de Saint-Lois étaient présents avec les autorités civiles et mlilitaires, dans le petit square, havre de verdure propice au recueillement. «L'attentat contre les tours jumelles, chacun l'a ressenti dans sa chair, a souligné avec beaucoup d'émotion et de sincérité, l'adjointe au maire de Saint-Lô, Françoise Mounier. Le terrorisme nous impose d'être vigilant, sans succomber à la peur. Il nous faut faire triompher la vie sur la peur et la mort.» Cet hommage prend un relief tout particulier, dans cette ville de Saint-Lô, détruite et libérée en 1944 par les Américains.
 
 

Actualités

  11/09/2010: Ground Zero, au sud de Manhattan.
La plaie béante créée par l'effondrement du World Trade Center n'est pas encore refermée. Neuf ans après les attaques terroristes, le vide laissé par les Twins Towers illustre encore le pire aspect de toute destruction : l'absence de reconstruction.

Après des années de latence, la renaissance semble pourtant s'accélérer. Mardi, le maire de New York, Michael Bloomberg, a donné une conférence de presse pour évoquer l'avenir de Ground Zero. « New York méritait de voir enfin pansée cette plaie dans le cœur de la ville » a affirmé l'édile.

Freedom Tower
D'ici 2014, quatre nouveaux gratte-ciel devraient s'ériger à Ground Zero dans un lieu qui, d'une manière ou d'une autre, laissera une grande place au souvenir. Le World Trade Center 7 est déjà érigé depuis 2005. La tour scintillante contraste fortement avec le chantier voisin. Dans les premiers étages du WTC7, une fortification d'acier, destinée à protéger le bâtiment contre les véhicules piégés, rappelle qu' à New York plus qu'ailleurs la menace terroriste est toujours réelle.

Parmi les trois autres tours, l'une d'elle pourrait bien remplacer dans l'imaginaire collectif les deux phares explosés le 11 septembre 2001. « Pour moi, les tours jumelles symbolisaient quelque chose de beaucoup plus profond que le simple succès financier, témoignait l'an dernier dans nos colonnes Bruno Dellinger, témoin des attaques et auteur de World Trade Center, 47e étage (éd. Robert Laffont). C’était une utopie, un endroit de toute beauté : 50.000 personnes, originaires du monde entier, travaillaient ensemble, dans le ciel. Quand on a détruit ces tours, on a détruit cette utopie. » C'est cette utopie qu'entend bien recréer l'Amérique.

Quand elle sera achevée, la Freedom Tower, culminant à 541 mètres, deviendra le plus haut building du pays. Sa hauteur (1776 pieds) évoquera l'année d'indépendance des États-Unis. Comme ses consœurs, la tour accueillera bureaux, restaurants et centres commerciaux, étalages d'un american way of life retrouvé. « Ça va être magnifique, s'enthousiame Bruno Dellinger. Les anciennes anciennes tours étaient des vigies. Les nouvelles vont redonner un équilibre à la ville de New York. Elles vont créer beaucoup d'espaces dans une ville où il n'y en a pas. »
  11/09/2010: Neuf ans après le 11-Septembre, Obama exhorte à éviter la "division" et "l'amertume"
Le président des Etats-Unis Barack Obama a exhorté samedi ses compatriotes à éviter de se laisser aller à la "division" et "l'amertume", au neuvième anniversaire des attentats du 11-Septembre marqué par des manifestations d'islamophobie.
M. Obama, qui doit participer dans la matinée à une cérémonie en mémoire des victimes de ces attentats au Pentagone, dans la banlieue sud de Washington, a souligné que "chaque année à cette époque, nous renouvelons notre résolution à lutter contre ceux qui ont commis ces actes de terrorisme barbare (. ..) nous ne faiblirons jamais dans la défense de ce pays".
Le président a aussi reconnu son allocution hebdomadaire que l'anniversaire des attaques qui avaient fait près de 3.000 morts était un "moment difficile pour notre pays".
"Et c'est souvent dans de tels moments que certains essaient d'instiller de l'amertume, de nous diviser sur la base de nos différences, de nous aveugler sur ce que nous avons en commun", a affirmé le président, à l'issue d'une semaine qui aura vu un pasteur extrémiste menacer de brûler des exemplaires du Coran en Floride (sud-est).
"Mais en ce jour, nous nous rappelons que lorsque nous donnons le meilleur de nous-mêmes, nous ne cédons pas à cette tentation. Nous sommes solidaires les uns des autres, nous luttons les uns pour les autres", a lancé M. Obama.
"Nous ne laissons pas la peur nous définir, mais l'espoir que nous nourrissons pour nos familles, notre pays, et pour un avenir meilleur", a-t-il affirmé.
"Alors portons le deuil de nos disparus, honorons la mémoire de ceux qui se sont sacrifiés, et faisons de notre mieux pour être à la hauteur des valeurs que nous partageons", a encore demandé le président.
  11/09/2010: Des commémorations sur fond de polémique
De nouvelles tours sortent enfin de terre à New York, là où se dressaient les gratte-ciel détruits le 11 septembre, mais la polémique sur la construction d'une mosquée à proximité et le projet d'un groupuscule de brûler le Coran montrent que la plaie est loin de cicatriser. Le traumatisme de l'Amérique reste vif depuis les attentats de 2001, lorsque des islamistes avaient détourné quatre avions de ligne. Deux appareils s'étaient écrasés contre les tours jumelles à New York, un autre contre le Pentagone à Washington, et le quatrième en pleine campagne. Bilan : près de 3.000 morts.

Pourtant, neuf ans après, le site du World Trade Center est en pleine reconstruction et ne ressemble plus à un vaste cratère dans le coeur financier de Manhattan. Quatre gratte-ciel doivent être construits à cet endroit ainsi qu'une importante gare ferroviaire et routière. La Tour 1 - un temps dénommée Freedom Tower - s'élève déjà sur 36 étages sur les 106 prévus, et un mémorial dédié aux victimes doit être inauguré l'an prochain. Deux cascades marqueront l'emplacement des anciennes tours jumelles, au coeur d'un parc de 400 chênes, dont 16 ont déjà été plantés. "Il est douloureux de repenser à la tragédie que fut le 11-Septembre, mais il y a de quoi être fier de la manière dont nous nous en sommes relevés", a déclaré, mardi, le maire de New York, Michael Bloomberg.

Pourtant, cette réussite tout comme la cérémonie solennelle prévue samedi en hommage aux victimes risquent d'être obscurcies par un climat latent d'islamophobie aux États-Unis. C'est loin du site des attentats que la situation pourrait être la plus explosive : à Gainesville, en Floride (sud-est), un pasteur chrétien intégriste prévoit de brûler en public un exemplaire du Coran à l'occasion des cérémonies du 11-Septembre.

Obama au Pentagone, Biden à New York
Le projet a été unanimement condamné, notamment par le président Barack Obama et par le Vatican, mais le droit américain, fondé sur la liberté d'expression, ne semble pas en mesure d'interdire cette provocation. Si elle a lieu, la manifestation de Gainesville pourrait susciter un tollé dans le monde entier, proche du scandale causé par la publication en 2005 de caricatures de Mahomet dans un journal danois.

La profanation annoncée du Coran s'ajoute à la polémique autour du projet de centre culturel islamique - comprenant une mosquée - à seulement deux pâtés de maisons de Ground Zero. Des manifestations pour et contre le centre, baptisé "Park51", sont prévues samedi à l'occasion des commémorations. L'imam derrière le projet a précisé qu'il était destiné à intégrer les musulmans dans la société américaine. "Notre objectif a toujours été de faire de ce centre un lieu d'unité", écrit Feisal Abdul Rauf, mercredi, dans une tribune du New York Times. Il est soutenu notamment par Michael Bloomberg et Barack Obama. Mais les opposants au projet y voient une insulte au "sol sanctifié" de Ground Zero. Le débat fait rage depuis plusieurs mois et s'envenime à l'approche des élections législatives de novembre.

D'après les sondages, l'opposition au projet est en hausse et les deux tiers des New-Yorkais voudraient voir le centre construit plus loin de Ground Zero. Samedi, les Américains observeront un moment de silence lors de commémorations solennelles. Tandis que Barack Obama se rendra au Pentagone, le vice-président Joe Biden se rendra à New York, où, chaque année, des survivants des attentats lisent à voix haute les noms des victimes devant le site de Ground Zero. Parmi les 2.752 tués dans l'effondrement des tours jumelles, de nombreux corps n'ont jamais été identifiés.
  28/08/2010 : Les premiers arbres du mémorial du 11 Septembre attendus à Ground Zero
Près de neuf ans après, la vie revient à Ground Zero: seize arbres, des chênes bleus, devaient arriver samedi sur le site de l'ancien World Trade Center, les premiers des quelque 400 qui seront plantés dans le cadre du projet de mémorial saluant les plus de 2.700 victimes des attentats du 11 septembre 2001 à New York.

A terme, c'est un paisible sanctuaire de verdure qui devra servir d'écrin à une place pavée, au centre de laquelle deux piscines symboliseront les tours jumelles défuntes, projet des architectes Peter Walker et Michael Arad.

Cet espace de verdure et de recueillement sera le toit du musée commémorant les attentats, construit en sous-sol.

Cultivés pendant quatre ans dans le New Jersey, les 16 arbres ont quitté leur pépinière par la route vendredi et devaient être installés samedi, un temps fort qualifié d'"étape importante" par Joe Daniel, président de la fondation en charge du mémorial.

Pour renforcer leur valeur symbolique, les arbres doivent tous être natifs de l'Etat de New York, du Maryland, de Pennsylvanie, et de la capitale Washington, les lieux frappés par les terroristes du 11 septembre.

Les chênes bleus, ou chênes bicolores, ont été choisis pour leur solidité et leurs couleurs, et leurs teintes particulièrement chaudes à l'époque de leurs feuillages d'automne.

Les spécimens choisis ont doublé de volume pendant leur séjour en élevage, et devraient atteindre à terme les 20 à 25 mètres de hauteur.

Un système élaboré et souterrain d'irrigation, relié à chaque arbre individuellement, leur fournira eau et engrais, des capteurs étant également installés dans les racines de chaque arbre pour contrôler son état à distance. AP
  25/08/2010 : Michelle Obama et Laura Bush ensemble en Pennsylvanie pour les commémorations du 11 Septembre 2001.
L'actuelle Première dame des Etats-Unis Michelle Obama et la précédente Laura Bush participeront ensemble aux cérémonies marquant le neuvième anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, en Pennsylvanie.
Elles assisteront à l'hommage qui sera rendu à Shanksville aux 40 passagers et membres d'équipage du vol 93 de la United Airlines. L'avion, qui avait décollé de Newark, New Jersey, s'est écrasé dans un champ. Les passagers auraient tenté de reprendre le contrôle aux pirates de l'air, dont on estime qu'ils envisageaient de lancer l'avion sur la Maison Blanche à Washington.
"Nous ne devons jamais oublier la sacrifice courageux de ces hommes et femmes extraordinaires", avait déclaré Mme Bush en confirmant sa participation. Le service de presse de Mme Obama a à son tour confirmé la présence de la Première dame lundi.
La construction d'un monument permanent à la mémoire des victimes du vol 93 est en cours de construction, et la première phase devrait être achevée pour l'année prochaine, qui marquera les dix ans des attentats. AP
  23/08/2010 : Respect de la liberté de culte ou insulte à la mémoire des victimes ? Le projet de construction d’une mosquée non loin du site des attentats du 11 septembre divise les Etats-Unis et ravive les douloureux souvenirs du terrorisme.

Le projet d’installation d’un centre culturel musulman doté d’une mosquée sur un terrain privé à quelques pas de Ground Zero, lieu symbole du terrorisme islamique aux Etats-Unis est devenu ces derniers temps un sujet hautement politique aux Etats-Unis. Si les manifestations pacifiques qui se sont tenues dimanche sur l’île de Manhattan n’ont pas drainé les foules escomptées il n’en demeure pas moins que le sujet soulève une vive polémique et que l’opinion américaine agitée par ce débat passionné se prononce majoritairement contre.

Une manifestation symbolique sur le site
Les manifestants opposés au projet se sont installés au coin de West Broadway et de Park Place – non loin de Ground Zero –à l’endroit même où pourrait s’ériger le centre islamique controversé. Pour eux envisager une telle construction constitue une insulte à la mémoire des victimes des attentats du World Trade Center et une provocation intolérable. "N’oubliez jamais le 11-Septembre, et ne permettez pas à l’Islam de marquer d’une mosquée sa victoire", clame une de leurs banderoles. "Vous pourrez construire votre mosquée à Ground Zero lorsque nous pourrons construire une synagogue à La Mecque", indique une autre pancarte. Leur foule se compose aussi de familles de victimes venus rappeler que quelques 3.000 personnes ont perdu la vie dans ces attentats et que les pompiers de New-York ont également payé un lourd tribut en portant secours aux victimes.

Tolérance ou racisme
Cent mètres plus au nord, un nombre presque égal de partisans au projet du centre culturel prônent quant à eux la tolérance à l’égard de toutes les religions. Leurs banderoles affichent "A bas la bigoterie !" "A bas le racisme !". "Les racistes explicites, mais les politiciens aussi, ont tissé une telle hystérie autour de cette affaire" commente un des manifestants. L’imam Feisal Abdul Rauf, l’initiateur du projet, est absent, envoyé semble-t-il en tournée dans plusieurs pays arabes par le gouvernement américain. Son portrait très élogieux paru dans le New York Times indique toutefois qu’il est un musulman "modèle" qui dénonce "systématiquement la violence" et qu’il " se consacre à établir des liens d’amitié avec les chrétiens et les juifs, tant et si bien que certains musulmans américains disent qu’il n’est plus en phase avec leurs propres préoccupations". Mais un compromis consistant à aller bâtir le centre culturel un peu plus loin de Ground Zero n’est pas pour lui à l’ordre du jour.

Maquette du centre islamique devant abriter la mosquée à New York
Obama confirme son soutien au projet
Le maire de New York Michael Bloomberg s’est déclaré en faveur de la construction de la mosquée, et son conseil municipal a approuvé le projet. Barack Obama s’est également montré favorable dès le départ, invoquant la liberté de culte garantie par la Constitution pour rappeler que les musulmans doivent pouvoir pratiquer leur religion comme tout le monde aux Etats-Unis. Toutefois, il avait relativisé peu après ses déclarations en déclarant que ses propos ne concernaient pas spécifiquement le projet de mosquée à deux pas de Ground Zero. Mais mercredi dernier, le président américain a indiqué maintenir son point de vue initial et n’avoir "aucun regret" d’avoir apporté son soutien à la construction du centre culturel musulman en question.

Barack Obama a le soutien de la majorité démocrate mais sa position reste très impopulaire. Selon de récents sondages deux tiers des New-yorkais seraient opposés à la construction de cette mosquée à l’instar de près de 70% des Américains. L’opposition républicaine s’est aussi exprimée contre, politisant encore davantage la polémique à l’approche des élections de mi-mandat de Novemb
re.
  19/08/2010 : Giuliani contre une mosquée près de Ground Zero
L'ancien maire de New York Rudolph Giuliani soutient que la proposition de construire un centre islamique et une mosquée près Ground Zero, le site des attentats du 11 septembre 2001, soulèverait davantage de divisions, de colère et de haine.

De passage à l'émission «Today» au réseau américain NBC, M. Giuliani a questionné les intentions réelles du dirigeant du futur centre, l'imam Feisal Abdul Rauf, qui parle de réconciliation et de guérison.

L'ancien maire républicain a soutenu que si l'imam voulait, comme il le dit, panser les plaies de la population vis-à-vis des événements tragiques de 2001, il n'irait pas de l'avant avec le projet en raison de la douleur qu'il provoquerait auprès de certains membres des familles qui sont décédées dans les attentats du 11 septembre.

M. Giuliani a affirmé que l'imam Rauf faisait la promotion de son projet en jouant sur une corde sensible. Mais selon M. Giuliani, il ne peut pas faire cela puisque cela engendre la bataille «vicieuse» et empreinte de «colère» à laquelle l'on assiste présentement.

Le gouverneur souhaite un autre site

Par ailleurs, le gouverneur démocrate de l'État de New York, David Paterson, a affirmé jeudi lors d'une entrevue à la radio qu'il croyait que de plus en plus de personnes étaient en faveur d'un changement de site pour le projet de mosquée.

Il a expliqué que les promoteurs et son personnel avaient commencé à discuter de cette possibilité il y a quelques jours mais que le principal promoteur du projet avait été forcé de suspendre la rencontre en raison d'un voyage qu'il devait effectuer. Mais M. Paterson s'attend à ce que les pourparlers reprennent sous peu.

Il a soutenu que la loi accordait le droit aux promoteurs d'aller de l'avant avec la proposition actuelle mais que les circonstances devenaient de plus en plus favorables pour modifier l'emplacement du futur site de la mosquée.

Le démocrate a également souligné que certains dirigeants de la communauté musulmane et que l'ancien maire Giuliani étaient en faveur du déplacement du projet.
  30/07/2010: Les sauveteurs du 11-Septembre n'auront pas de couverture maladie spécifique
La Chambre des représentants a rejeté un projet de loi destiné à fournir une couverture maladie aux sauveteurs et volontaires atteints par des maladies liées au attentats.
Environ 70.000 personnes sont aujourd'hui officiellement enregistrées comme ayant été exposées aux émanations toxiques dues à l'effondrement des deux tours jumelles du World Trade Center. Parmi elles, de nombreuses personnes -pompiers, policiers, volontaires, travailleurs- ayant participé aux secours pour aider les victimes et participé au nettoyage des débris à Ground Zero.

Un projet de loi fédéral, présenté par les élus de New York, prévoyait donc de mettre en place une couverture santé spécifique. Il contenait un programme destiné à mieux traiter les maladies qui ont été contractées à la suite des attentats (difficultés respiratoires, maladies des poumons ou troubles psychologiques). Il permettait également de réouvrir le fonds d'indemnisation des victimes pour les 20 prochaines années. Au total, le coût du projet était estimé à 7,4 milliards de dollars (5,6 milliards d'euros, au cours actuel).

La question
Donner une assurance maladie spécifique aux sauveteurs du 11-Septembre :

Pour
/Contre
Mais le texte devait rassembler les deux tiers des voix pour être adopté, une procédure qui ne permet pas les amendements et qui a été dénoncée par les républicains. Dans ces conditions, il n'a obtenu que 255 voix contre 159 à la Chambre des représentants (ndlr : équivalent de l'Assemblée nationale française).
  30/07/2010: Y aura-t-il une mosquée près de Ground Zero? Une commission de la ville de New York a levé ce mardi un obstacle majeur à la construction d'une mosquée près de Ground Zero, en retirant un bâtiment de la liste des monuments historiques. Retour sur ce projet qui déclenche un tollé.

A première vue, c'est une ironie du sort. Neuf ans après les attentats du 11 Septembre, le site des tours jumelles reste vide. Et le seul projet immobilier sérieux dans ce quartier de Wall Street n'est autre qu'une... mosquée. Sa construction prochaine, approuvée par le maire, Michael Bloomberg, à deux rues du défunt World Trade Center, suscite l'une des plus violentes polémiques de l'histoire de la ville. Les manifestations aux pancartes vengeresses ("Une mosquée à Ground Zero serait comme un monument à Hitler près d'Auschwitz") alternent avec les pubs télévisées.

Parmi les opposants, des candidats républicains, divers incendiaires du mouvement populiste Tea Party, et même Sarah Palin, dont la page Twitter vibre d'appels: "Musulmans modérés, rejetez, vous aussi, ce projet! Il poignarde les coeurs." Pourtant, l'édifice, haut de 15 étages, se voudrait un simple centre communautaire, offrant un lieu de culte, des galeries, restaurants et auditoriums, ainsi que des installations sportives.

"N'importe où mais pas ici!"

Ouverte à tous, comme ses équivalents juifs à Manhattan (le 92Y, le Jewish Community Center), cette oeuvre de la Cordoba Initiative, une fondation musulmane, vise au rapprochement entre les religions et les cultures. "N'importe où, mais pas ici, rétorque Sally Regenhard, mère d'un jeune pompier mort le 11 septembre. Sur ce site, cela reviendait à un sacrilège." Plusieurs familles de victimes du World Trade Center soutiennent pourtant la construction, au nom de la tolérance et de l'apaisement.

La Cordoba House, invisible depuis Ground Zero, ne serait qu'un bel immeuble de plus dans la dense forêt de gratte-ciel de downtown. Mais sa future façade de verre reflète la crainte grandissante des Américains envers l'islam. Même à Staten Island ou à Brooklyn, où résident de nombreux musulmans new-yorkais, des projets de mosquées bien plus anodins sont bloqués par l'insurrection d'une partie de leur voisinage.
  28/07/2010: Début du démantèlement du navire de Ground Zero
Planche par planche, les archéologues ont commencé lundi la délicate tâche de démanteler une section du navire du 18e siècle qui a été découvert enseveli sous le site du World Trade Center, à New York.

Chaque planche sera déshydratée par un processus de lyophilisation, ce qui permettra à la coque fragmentée d'être éventuellement rassemblée et exposée, a déclaré Nichole Doub, restauratrice en chef du Maryland Archeological Conservation Laboratory.

Une section de 9,7 mètres du navire sans nom a été trouvée plus tôt ce mois-ci par des travailleurs qui excavaient le sol à Ground Zero en vue de la reconstruction du stationnement du World Trade Center.

Les archéologues qui ont soigneusement commencé à retirer les pièces du navire ont affirmé qu'ils étaient très emballés par la découverte.

Diane Dallal, directrice de l'archéologie pour la firme de consultants AKRF, qui travaille sur le projet, a affirmé qu'en 30 ans d'archéologie dans la ville de New York, c'était la première fois qu'elle assistait à la découverte d'un bateau.

Les historiens croient que le navire a été laissé à cet endroit autour de 1810 dans le cadre des travaux de remblaiement qui ont permis l'extension de l'île de Manhattan. L'âge exact du navire sera déterminé par des analyses en laboratoire.

Warren Riess, un historien de l'université du Maine spécialisé dans les navires du 18e siècle, affirme que les fragments découverts jusqu'ici semblent être la proue du navire. Selon lui, le bateau a probablement navigué entre New York et Boston, la Virginie ou la Barbade pour transporter des denrées comme de la farine, de la brique ou du foin.

Selon lui, il pourrait s'agir d'un navire marchand car «C'est le genre de navire qui a fait New York, quand on y pense».
  26/07/2010: Un bateau du XVIIIe à Ground Zero
Des ouvriers, travaillant sur le site où s'élevaient les tours du World Trade Cente, ont retrouvé... un bateau du XVIIIe
La coque et le pont sont apparemment encore complets et une ancre est restée reliée à l'embarcation qui devait mesurer une dizaine de mètres de long.
Les archéologues doivent se hâter pour traiter le bois qui risque de se décomposer à l'air libre.
Des analyses de dendrochronologie (méthode permettant de dater les bois) devraient permettre d'en savoir un peu plus sur la découverte faite à une dizaine de mètres du sol.

Les fouilleurs doivent également travailler très rapidement pour dégager les vestiges: ceux-ci ont été trouvés "en plein milieu d'un chantier de construction qui ne peut pas rester comme cela pendant des semaines", explique un archéologue de la ville de New York. Un classique pour une profession qui doit souvent composer avec les entreprises du bâtiment...

Il faut également dire que ce chantier sur le site des Twin Towers, détruites par les attentats du 11 septembre 2001, est tout sauf ordinaire. Il a pour les Américains un important aspect affectif et patriotique: la reconstruction d'un édifice sur Ground Zero contribue symboliquement à effacer les traces du traumatisme qu'a représenté l'effondrement de ces tours.

Reste à expliquer la présence de ce reste archéologique, pour le moment encore très mystérieux. On ne connaît ainsi ni le nom du navire, ni à quoi il servait.

Il semble cependant que l'embarcation ne se soit pas échouée accidentellement mais qu'elle a été amenée intentionnellement là où on l'a trouvée. Au XVIIIe, les New Yorkais déversaient en effet de nombreux débris sur les bords de l'Hudson pour dégager quelques mètres sur la rivière qui borde Manhattan.

Dernière inconnue: on ne sait pas encore qu'il adviendra des restes. Les archéologues espèrent sauver quelques poutres de la coque du vénérable bateau.
 

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11 septembre 2001

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