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Le
Pentagone lie les célébrations du 11-Septembre à la guerre en Irak |
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C'est
un anniversaire du 11-Septembre en demi-teinte. Les esprits et les chaînes
de télévision sont à La Nouvelle-Orléans. Le président George Bush a
respecté une minute de silence, à la Maison Blanche, dimanche matin 11
septembre, avant de partir en Louisiane. Des commémorations ont eu lieu dans
diverses villes des Etats-Unis. A New York, comme chaque année, dans une
cérémonie toujours émouvante, à Ground Zero, les familles ont lu les noms
des disparus.
La
principale nouveauté de ce quatrième anniversaire de l'attaque terroriste
aux Etats-Unis était l'organisation à Washington d'une "marche de la
liberté", à l'initiative du ministère de la défense, pour se souvenir des
victimes du 11 septembre 2001 et "soutenir les troupes" engagées dans la
"guerre contre le terrorisme" . La manifestation a essuyé des critiques en
raison du lien qu'elle établit entre les attentats de 2001 et la guerre en
Irak. Quelques milliers de personnes beaucoup moins que les 15 000
attendues par le Pentagone ont défilé, revêtues des tee-shirts "freedom
walk" fournis par les organisateurs.
Ça commence par une prière. Pour les morts du 11-Septembre, pour les soldats
à l'étranger le mot Irak n'est pas prononcé et pour les victimes de
l'ouragan Katrina. Et ça finit par un concert du chanteur country Clint
Black, apprécié du Pentagone pour sa chanson Irak and roll . Le public a
tous les âges. La majorité est républicaine et ne s'en cache pas. Un motard
porte un blouson de cuir avec un aigle sur le dos. A côté du symbole de
l'Amérique, il a ajouté un écusson "Jane Fonda est une traîtresse
américaine, c'est une salope" .
Tous les participants ne sont pas aussi extrêmes. Ils expriment souvent des
positions nuancées. "Je voulais que mon fils se souvienne de ce qui s'est
passé" , explique Shad. Cette Afro-Américaine ne savait pas que la
manifestation était organisée par le Pentagone, elle est venue pour
l'anniversaire du 11-Septembre. La guerre en Irak ? "Je pense qu'on devrait
partir. Il y a trop de morts."
"IL FAUT FINIR LE TRAVAIL"
Kimberley
n'était pas aux Etats-Unis en 2001, elle étudiait à Paris. Son amie Mary n'a
pas endossé le tee-shirt officiel, elle a préféré garder le sien, qui porte
l'éléphant du Parti républicain. Voient-elles un lien entre le 11-Septembre
et l'Irak ? "Je ne sais pas" répondent les jeunes filles en choeur. "Il y a
des choses que nous ne devons pas savoir, car cela donnerait des
informations aux terroristes. C'est normal que le président et le Congrès
sachent plus de choses que nous."
Bob est un vétéran du Vietnam. Il est venu du Kentucky. Pour lui, il n'y a
pas de lien entre le 11-Septembre et la guerre en Irak. Mais il la soutient
: "Les Irakiens peuvent choisir leur gouvernement pour la première fois."
Barbara aussi était favorable à la guerre. Elle est "patriote, d'une famille
de militaires" . Le 11 septembre 2001, elle travaillait au bureau du
recensement, non loin du Pentagone. Elle entend encore le bruit de l'avion
qui s'est écrasé. Aujourd'hui, elle pense qu'"il faut finir le travail" ,
mais avoue des doutes, "à cause des morts" .
Quelques protestataires ont placé, le long du cortège, des pancartes contre
la guerre en Irak. Le public leur répond "USA, USA, USA" . Mimi Evans
affiche, sur son tee-shirt, un simple slogan : "Plus de mensonges, plus de
morts" . Son fils vient de partir en Irak. Elle fait partie du mouvement des
"Mères contre la guerre". Cet été, elle manifestait au Texas, près du ranch
du président Bush, avec Cindy Sheehan : "J'ai perdu des amis le
11-Septembre. J'ai le droit de participer à cette marche, même si je suis
contre la guerre." |
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