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Les Américains toujours hantés par les attaques.
Douloureux souvenirs d'un certain 11 septembre 2001

Avant de retrouver son sang-froid et d'oser se rendre au Pentagone après les attaques du 11 septembre 2001, Paul Capel a eu besoin d'une semaine complète.
Lorsqu'il y est enfin allé, il a rencontré la femme d'un des employés du Pentagone tués lors de l'attentat terroriste. Désespérée, elle avait veillé jour et nuit devant l'édifice. Elle disait «attendre son mari».


M. Capel se rappelle cette scène troublante comme si c'était hier. «Vous savez, des souvenirs comme ça, quatre ans plus tard, vous hantent encore», dit ce petit homme jovial, dont le visage s'assombrit subitement. Ce sont les souvenirs, mais aussi «la fierté, les blessures et la douleur» qui ont poussé ce résidant du Maryland à commémorer le 11 septembre hier à Washington, comme des milliers d'autres Américains un peu partout au pays.

Avec sa femme, Frances, qui connaissait l'une des victimes du Pentagone, M. Capel a pris part à la Freedom Walk. Une marche organisée par le département de la Défense pour souligner le 11 septembre, mais aussi en signe de soutien aux militaires américains.

En raison de ce double emploi, la marche a soulevé la controverse et attiré quelques manifestants antiguerre. Mais à part cette polémique qui a échauffé certains esprits dans la capitale américaine, la journée d'hier a offert le portrait d'une nation endeuillée et encore hantée par les actes terroristes d'il y a quatre ans, qui ont fait près de 3000 morts.

«Une fois de plus, nous sommes une ville plongée dans la tristesse», a affirmé le maire de New York, Michael Bloomberg, lors d'une cérémonie à Ground Zero.

L'événement a débuté par une minute de silence à 8h46, heure à laquelle le premier avion s'est encastré dans l'une des tours du World Trade Center en septembre 2001. Frères et soeurs des victimes ont ensuite lu publiquement le nom de chacun des êtres chers tués dans l'effondrement des tours jumelles.

Durant les quatre heures qu'a duré la cérémonie, les souvenirs des victimes ont été évoqués avec émotion, souvent dans les larmes. L'Irak a aussi brièvement fait surface à New York lorsqu'une dame a profité de sa tribune pour sommer le président de ramener les troupes «à la maison».

À la Maison-Blanche, une minute de silence a aussi été respectée par George W. Bush et son vice-président, Dick Cheney. Les deux hommes étaient accompagnés de leurs épouses et se sont recueillis à l'extérieur de la résidence présidentielle.

Bush avait un peu plus tôt participé à une cérémonie religieuse pour l'occasion. Le président, dont la popularité est au plus bas, a terminé sa journée dans la région dévastée du golfe du Mexique. Il la visitera de nouveau aujourd'hui.

Quelque 1000 personnes ont aussi commémoré le 11 septembre en Pennsylvanie, à proximité du village de Shanksville, là où s'est écrasé le quatrième avion détourné par Al-Qaeda, vraisemblablement destiné à frapper Washington.

Vulnérables et secoués

Preuve que le souvenir des attaques est resté vivace quatre ans plus tard, la maison de sondage Zogby vient de révéler que sept Américains sur 10 (69%) pensent encore au 11 septembre au moins une fois par semaine.

La firme a aussi découvert que 87% des personnes interrogées estiment que les attaques terroristes ont été l'événement le plus important dans leur vie. Et 76% se disent toujours «affectés émotivement» par ce qui s'est passé.

«Peu importe le revenu, l'ethnie, le sexe ou le lieu de résidence, il y a un consensus selon lequel le 11 septembre a été un événement historique important dont la plupart des gens ne se sont pas encore remis», a commenté le sondeur John Zogby.

Et cette année, les Américains ont une raison supplémentaire d'être en deuil et de se sentir vulnérables: le pays demeure secoué par l'impact catastrophique de l'ouragan Katrina. Même le maire de New York a hier offert ses condoléances, de Ground Zero, aux «Américains souffrant des suites de Katrina».

La veille, Bush avait pour sa part dressé un parallèle entre le 11 septembre et Katrina lors de son allocution radiophonique hebdomadaire. «Aujourd'hui, l'Amérique fait face à un nouveau désastre qui a causé destruction et perte de vies, avait-il dit. Cela nous rappelle encore une fois que, dans l'adversité, on retrouve le meilleur de l'esprit américain.»
 
    

 

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