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11 septembre: l'enquête au coeur de la présidentielle américaine.

L'ancienne Secrétaire d'Etat américaine Madeleine Albright (à droite) et son ancien adjoint Thomas Pickering prêtent serment devant une commission d'enquête nationale sur la politique américaine de prévention des attentats du 11 septembre 2001WASHINGTON - Les actuels responsables américains de la Défense et du département d'Etat et leurs prédécesseurs ont défendu mardi leur position devant la commission d'enquête sur les attentats du 11 septembre 2001, chargée de déterminer si tout a bien été fait pour les prévenir.

A huit mois de l'élection présidentielle, le secrétaire d'Etat Colin Powell et le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, seront eux aussi interrogés sur les mesures prises en matière de sécurité avant ces attaques, qui ont fait environ 3.000 morts.

Ces témoignages interviennent au lendemain de la publication d'un ouvrage qui fait sensation aux Etats-Unis.

Richard Clarke, ancien expert des questions terroristes à la Maison blanche, y accuse l'administration Bush d'avoir négligé la menace des activistes islamistes avant le 11 septembre 2001 et d'avoir privilégié l'Irak comme "cible" - non le réseau Al Qaïda - au lendemain de ces sanglantes attaques qu'elle a voulu à tout prix lier au régime de Bagdad.

Ce lien n'a cependant jamais été vérifié, et de nombreux experts doutent que l'ancien président irakien Saddam Hussein - un laïc - et les activistes islamistes du réseau Al Qaïda aient jamais uni leurs forces.

Clarke, qui a servi sous quatre administrations successives, a quitté son emploi à la Maison blanche il y a un an, en février 2003, au moment du transfert de ses services au ministère de la Sécurité intérieure nouvellement créé.

Le prédécesseur de Powell au département d'Etat, Madeleine Albright, a défendu le bilan de l'administration démocrate de Bill Clinton en matière de lutte contre le terrorisme, ajoutant qu'il s'agissait là de l'une de ses priorités.

Elle a expliqué qu'elle-même, ainsi que d'autres responsables de l'administration Clinton, s'étaient préparés à donner le feu vert à une opération contre d'Oussama ben Laden, le chef d'Al Qaïda, entre les attentats à la bombe contre les ambassades des Etats-Unis à Nairobi et Dar es Salaam (1998) et le départ de Clinton.

"Le président était prêt à ordonner une action militaire visant à capturer ou tuer Ben Laden. Si nous avions disposé des renseignements nécessaires, nous l'aurions fait (...) et j'aurais résolument soutenu cette démarche", dit-elle.

UN THEME CENTRAL DE LA CAMPAGNE

La commission d'enquête a entamé ses audiences par la présentation d'un rapport révélant notamment que l'administration Bush n'a défini un plan d'action contre Al Qaïda qu'à la veille des attentats suicide du 11 septembre 2001.

Ce document pourrait soulever de nouvelles interrogations sur les déclarations de Bush dans le cadre de sa campagne, selon lesquelles il aurait fait tout ce qu'il fallait pour protéger le peuple américain.

On y apprend en effet qu'une réunion des responsables de l'administration Bush, le 10 septembre 2001, accoucha d'un plan prévoyant de dépêcher dans un premier temps un émissaire à Kaboul pour donner la possibilité aux taliban - qui protégeaient Ben Laden - d'expulser le chef et les membres d'Al Qaïda de l'Afghanistan.

En cas d'échec de cette approche, des pressions devaient être exercées sur les taliban par les canaux diplomatiques, et un soutien devait être fourni en sous-main aux factions afghanes opposées aux taliban, indique le rapport.

En dernier recours, poursuit-il, Washington comptait chercher à renverser le régime des taliban "au moyen d'une action plus directe".

A moins de huit mois de l'élection présidentielle, le dossier de la sécurité nationale s'est imposé comme l'une des questions centrales de la campagne.

Pour les démocrates, Bush n'a pas accordé assez d'importance à la lutte contre le terrorisme et s'est trop concentré sur l'Irak. Les républicains renvoient l'accusation à l'administration Clinton, qui n'aurait pas suffisament travaillé sur la menace que représentait Al Qaïda.

La Maison blanche a rapidement contre-attaqué après la parution de l'ouvrage de Clarke, "Against All Enemies" (Contre tous les ennemis), qui s'est d'emblée installé en haut du classement des meilleures ventes de livres.

Selon elle, l'administration Bush a dès le début pris au sérieux la menace que représentait Al Qaïda et commencé presque immédiatement à travailler sur une stratégie pour éliminer le réseau de Ben Laden.

La Commission nationale sur les attentats terroristes contre les Etats-Unis doit rendre son rapport le 26 juillet, qui est également la date du début de la convention démocrate lors de laquelle John Kerry sera officiellement investi candidat à la présidentielle. source libération 23 mars. par Tabassum Zakaria

 
Richard Clarke Le livre
l'enquête au coeur de la présidentielle américaine
Bush accusé de n'avoir pas pris al-Qaida au sérieux avant le 11 septembre
Clarke enfonce le clou :
La traque de Ben Laden
 
    

 

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