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Depuis la parution de son livre, Richard Clarke ébranle la campagne électorale de Georges W. Bush.

Richard Clarke
Cet ancien responsable de la lutte antiterroriste américain accuse Bush d'avoir négligé la menace des activistes islamistes avant le 11 septembre 2001 et d'avoir privilégié la piste irakienne.

Dans Against All Ennemies, l'ancien responsable de la lutte antiterroriste au sein du Conseil National de Sécurité accuse le président américain d'avoir négligé la menace des activistes islamistes avant le 11 septembre 2001 et d'avoir privilégié l'Irak comme «cible», au détriment d'Al-Qaeda, au lendemain de ces sanglantes attaques. Clarke révèle qu'au lendemain des attaques et malgré la mise en cause d'Al-Qaeda, Bush l'avait sommé à trois reprises de «chercher du côté de l'Irak, de Saddam». Le secrétaire d'Etat à la Défense Donald Rumsfeld aurait, quant à lui, préféré l'Irak aux montagnes d'Afghanistan pour l'importance des «cibles» stratégiques présentes dans le pays.

Invité lundi soir de l'émission «60 minutes» sur la chaîne américaine CBS, Richard Clarke, ami personnel du conseiller en politique étrangère du candidat démocrate John Kerry selon l'administration Bush, a trouvé «choquant que le président brigue sa réélection en affirmant qu'il a fait de grandes choses contre le terrorisme». Le vice-président Dick Cheney a aussitôt tenté de discréditer Clarke en affirmant qu'il «n'était pas vraiment dans le coup sur beaucoup de questions».

Clarke n'est pas le premier haut responsable américain à remettre en cause le bien-fondé de la guerre en Irak. Dès janvier, David Kay, ex-chef des inspecteurs américains en Irak avait admis l'absence d'armes de destruction massive sur le territoire, détruisant ainsi le principal argument avancé par Bush pour déclencher la guerre.

Nommé en 1998 à la tête de la lutte antiterroriste par Bill Clinton, Clarke conserve son poste sous Bush jusqu'à sa démission en février 2003 et son transfert au ministère de la Sécurité Intérieure. «Pourquoi tout d'un coup fait-il part de toutes ces graves préoccupations et ne l'a-t-il pas fait plus tôt?», a ajouté Scott McClellan, le porte-parole de la Maison Blanche, accusant l'ex-conseiller d'utiliser la campagne présidentielle à des fins promotionnelles. D'après le magazine Newsweek, John Kerry se serait d'ores et déjà procuré les meilleures pages du livre ( source libération.fr )
Amazon.com.

 

Un livre-polémique sur George W.Bush, le 11 septembre et l'Irak

La Maison blanche a rejeté avec virulence, lundi, les allégations de l'ancien expert des questions terroristes à la Maison blanche Richard Clarke, qui accuse George Bush d'avoir privilégié l'Irak comme "cible" au détriment d'Al Qaïda au lendemain des attentats du 11 septembre.

Le vice-président Dick Cheney et la conseillère à la sécurité nationale Condoleezza Rice ont présenté l'ancien conseiller de la présidence comme un employé "au placard".

Richard Clarke, qui a servi sous quatre administrations successives, a quitté son emploi à la Maison blanche il y a un an, en février 2003, au moment du transfert de ses services au ministère de la Sécurité intérieure nouvellement créé.

Son livre paru lundi, "Against All Enemies", où il met en cause l'attitude de Bush avant le 11 septembre, l'accusant d'avoir négligé la lutte contre les radicaux islamistes, et après les attentats, a grimpé à la cinquième place des meilleures ventes de la librairie en ligne amazon.com.

Dans une interview à CBS, dans le cadre de l'émission "60 minutes", il a trouvé "choquant que le président brigue sa réélection en affirmant qu'il a fait de grandes choses contre le terrorisme". "Il a ignoré le terrorisme pendant des mois, quand on aurait peut-être dû faire quelque chose pour arrêter le 11 septembre", a-t-il lancé.

Lors d'un entretien radiophonique avec l'animateur conservateur Rush Limbaugh, Cheney a répliqué que Richard Clarke n'était pas au courant de grand-chose à l'époque. Il s'est interrogé sur l'efficacité de l'action de Clarke dans la lutte contre le terrorisme en prenant l'exemple du premier attentat de 1993 contre le World Trade Center.

Le chef du Pentagone Donald Rumsfeld a démenti de son côté avoir pressé en faveur du bombardement de l'Irak plutôt que de l'Afghanistan après le 11 septembre.

MANOEUVRES ET PROMOTION

Quant au porte-parole de la Maison blanche Scott McClellan, il accuse Clarke d'affirmations "totalement irresponsables", ajoutant que l'ancien conseiller avait refusé d'assister aux réunions du conseil de sécurité nationale.

Il a ajouté que Clarke était devenu un adversaire de la guerre contre le terrorisme prônée par George Bush après avoir échoué dans sa quête du poste de numéro deux du ministère de la Sécurité intérieure.

McClellan a jugé qu'il s'agissait avant tout d'une histoire "de manoeuvres politiques et de promotion d'un livre", en voyant pour preuve l'amitié entre Clarke et Rand Beers, conseiller de politique étrangère du candidat démocrate à la présidence, John Kerry.

Réponse de Rand Beers: "Si Dick Clarke n'était pas au courant de ce que le gouvernement faisait, alors le gouvernement a tort. Cet homme possède une énorme connaissance sur le terrorisme."

La polémique a atteint le Capitole où des sénateurs démocrates ont écrit à Bush pour réclamer le témoignage public de Condoleezza Rice devant la commission d'enquête sur les attentats du 11 septembre. Rice s'y est déjà exprimée, mais à huis clos.

Les responsables du gouvernement contestent notamment avec vigueur que George Bush ait immédiatement après le 11 septembre focalisé son attention sur l'Irak lors d'un entretien avec Richard Clarke.

L'ancien conseiller n'en démord pourtant pas. "Le président a pointé son doigt vers moi en disant: 'Irak, un memo sur l'Irak et sur Al Qaïda, un memo sur l'Irak et les attentats'. Très énergique, très intimidant", a-t-il dit sur PBS. Bush ne se souvient pas de cet entretien, a déclaré McClellan.

L'ancien baron du contre-terrorisme est le deuxième ancien haut responsable de l'administration Bush à mettre en cause l'"obsession" irakienne du chef de la Maison blanche.

L'ancien secrétaire au Trésor Paul O'Neill a lui aussi estimé que Bush avait placé l'Irak en tête de ses priorités dès son entrée en fonctions, en janvier 2001.  ( source libération.fr )

 
Richard Clarke Le livre
l'enquête au coeur de la présidentielle américaine
Bush accusé de n'avoir pas pris al-Qaida au sérieux avant le 11 septembre
Clarke enfonce le clou :
La traque de Ben Laden
 
    

 

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