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Un sauveteur mystérieux de 9/11 se démasque
:Canoë
d'après AP : ©AP/Jason Thomas
16/08/2006 :
Depuis des années, les autorités se questionnaient sur l’identité d’un
marine américain qui s’est trouvé au World Trade Center le 11 septembre,
aidant à retrouver deux officiers de police ensevelis sous les décombres
avant de disparaître.
Même les producteurs d’un nouveau film racontant le sauvetage, World Trade
Center, n’arrivaient pas à retrouver le soldat mystérieux, qui n’avait
donné comme nom que celui de Sgt Thomas.
Le casse-tête est finalement tombé en place lorsque Jason Thomas, de
Columbus, en Ohio, a vu une publicité à la télé pour le film il y a
quelques semaines alors qu’il se reposait devant l’écran.
Il n’en est pas revenu lorsqu’il a vu deux marines avec des lampes de
poche, à la recherche de survivants dans les ruines fumantes.
«Mais c’est nous. C’est moi!» s’est dit Thomas, qui vivait à Long Island à
l’époque et qui travaille maintenant à la cour suprême de l’Ohio.
Thomas, 32 ans, a émergé avec quelque hésitation la semaine dernière pour
reconstituer le rôle qu’il a joué dans le sauvetage des officiers de
police de Port Authority Will Jimeno et John McLoughlin, ensevelis sous
six mètres de débris résultants de l’effondrement des tours jumelles.
De retour à New York pour parler de son expérience et y visiter des
membres de la famille, Thomas a fourni à AP des photos de lui-même à
ground zero. Aussi, ce qui prouve sans l’ombre d’un doute son identité,
dit le producteur du film, Michael Shamberg, Thomas et Jimeno ont échangé
par téléphone des détails que seuls les deux hommes étaient en mesure de
connaître.
Thomas, qui ne fait plus partie des Marines Corps depuis environ un an,
déposait sa fille au domicile de sa mère à Long Island lorsque celle-ci
lui a dit que des avions avaient frappé les deux tours.
Il a mis son uniforme dans son camion, s’est rendu à toute vitesse à
Manhattan et venait tout juste de stationner son véhicule lorsqu’une des
tours s’est effondrée. Thomas a couru vers le centre du nuage de cendres.
«On avait besoin d’aide. Ça m’était indifférent qui c’était», dit-il. «Je
n’avais pas du tout de plan. Mais j’avais en main tout cet entraînement
dans les marines et tout ce à quoi je pensais, c’était, “Ma ville a besoin
d’aide“.»
Thomas est tombé sur un autre marine, le sergent d’état-major David Karnes,
et les deux ont décidé de chercher en commun des survivants.
Armés
de guère plus qu’une lampe de poche et d’une pelle de fantassin, ils ont
escaladé la montagne de débris, évitant crevasses et lames de métal
brûlant et appelant, «Est-ce qu’il y a quelqu’un? Marines des États-Unis!»
Il faisait déjà sombre lorsqu’ils ont entendu une réponse. Les deux hommes
ont rampé profondément dans un trou pour y trouver McLoughlin et Jimeno,
blessés mais toujours en vie.
Jimeno a finalement passé 13 heures dans ce trou avant d’en être libéré.
Thomas est demeuré sur place assez longtemps pour le voir sortir mais il a
dû quitter, épuisé, avant la sortie de McLoughlin, qui est resté pris au
piège neuf heures de plus.
Thomas a dit être retourné à ground zero tous les jours pendant 2 1/2
semaines et demie pour donner un coup de main, puis il est parti en
essayant d’oublier.
«Je ne voulais pas revivre ce qui s’était passé ce jour-là», dit-il.
Shamberg a dit s’être excusé auprès de Thomas pour une inexactitude dans
le film: Thomas est noir, mais l’acteur qui le personnifie, William
Mapother, est blanc. «Les producteurs se sont aperçus de l’erreur
seulement après le début de la production», affirme Shamberg.
Thomas a ri et a taquiné gentiment les cinéastes, puis a poliment refusé
d’en discuter plus longuement. «Je ne voulais pas imposer quoi que ce soit
de négatif sur ce qu’ils tentaient de montrer», ajoute-t-il.
Quant à son histoire, Thomas dit qu’il est de plus en plus à l’aise de la
raconter.
«Cela a été comme une thérapie», conclut-il. |
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