|
| |
|
|
16/08/2006 :
Les appels passés aux urgences le 11 septembre 2001 décrivent le chaos à
l'intérieur du World Trade Center -- par Amy Westfeldt
-- AP
"C'est la confusion". Tentant d'organiser les secours à l'intérieur du
World Trade Center en flammes, le chef de bataillon Dennis Dillon avait
alerté le centre d'appel des pompiers sur les difficultés de communication
dans la tour sud, selon l'enregistrement de la conversation, qui a été
diffusé mercredi.
Au total, 1.613 appels des secouristes ou des personnes coincées dans les
tours jumelles ont été rendus publics, donnant une idée plus précise
encore de l'horreur et de la confusion qui ont régné dans les tours
percutées le 11 septembre 2001 par deux avions détournés.
"Nous n'avons plus aucun réseau de téléphone mobile à cause de la
catastrophe. (...) Apportez tous les talkies-walkies disponibles!",
demandait Dennis Dillon, mort dans cette opération comme 342 autres
soldats du feu new-yorkais.
L'un d'eux, qui n'a pu être identifié, a appelé du 35e étage pour décrire
le chaos, certains civils souffrant de brûlures, descendant les escaliers
de secours pendant que les pompiers tentaient de gagner les étages.
"Apparemment, c'est au-dessus du 75e étage", a-t-il lancé dans une
allusion à la catastrophe, "je ne sais pas s'ils sont arrivés là-bas, nous
continuons à monter."
Au même moment, les occupants piégés dans les plus hauts étages
parvenaient encore à joindre les opérateurs du centre de secours, mais ces
derniers ne pouvaient les rassurer que par des encouragements. "Je vais
faire de mon mieux", affirmait une standardiste à une personne appelant du
103e étage. "Je veux que vous vous mettiez sur le sol. Agenouillez-vous au
sol. Sur le sol", conseillait une autre, tandis qu'une troisième
promettait une équipe de secours qui n'est jamais arrivée.
"Je vais mourir, n'est-ce pas?", a demandé Melissa Doi à une standardiste
du 911. "Vous n'allez pas mourir, vous êtes dans une mauvaise situation,
madame", lui a répondu l'opératrice, lui conseillant de garder son
sang-froid. "Madame, vous allez rester calme pour moi, d'accord?" a-t-elle
conseillé. Au bout de 20 minutes, la responsable financière de la
compagnie IQ Financial systems n'a plus répondu. "Pas morte, pas morte", a
répété l'opératrice, avant de pousser un "mon dieu" quand la communication
a été coupée.
Une partie de cette conversation avait déjà été rendue publique lors du
procès du Français Zacarias Moussaoui, condamné à la réclusion à
perpétuité pour son rôle dans les attentats.
Dix appels dévoilés mercredi sont ceux d'occupants du World Trade Center,
dont les voix ont été masquées en raison de leur charge émotionnelle.
Parmi les autres, ceux de Dillon, de 18 autres pompiers et de deux membres
des services médicaux de secours tués dans l'effondrement des tours. La
plupart des 1.600 appels émanent de pompiers demandant au central vers
quelle partie du bâtiment ils doivent se diriger, selon le service des
pompiers.
Le "New York Times" et les familles des victimes avaient demandé la
publication de ces appels pour avoir une idée de ce qui s'est passé dans
et autour du World Trade Center. La ville de New York avait déjà publié
les réponses des opérateurs à 130 appels de victimes coincées dans les
tours jumelles. En août 2005, des milliers de pages de transcription des
appels radio et de témoignages des secouristes avaient déjà été diffusées.
AP
|
|
|
|
|
|
|