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28/08/2006 :DEPUIS
LE 11 SEPTEMBRE: Cinq années de tourmente pour les États-Unis.
Cinq ans après le traumatisme du 11 septembre, les États-Unis se retrouvent
embourbés dans une guerre sanglante en Irak et embarqués dans une croisade
antiterroriste qui menace jusqu'aux libertés censées définir leur identité.
Le 11 septembre 2001, sous un ciel limpide, 19 pirates de l'air ont provoqué
la mort de près de 3000 personnes, et mis fin à l'illusion d'invincibilité
qui berçait l'Amérique depuis la chute de l'empire soviétique.
Ce soir-là, alors que la poussière du World Trade Center enveloppait New
York et que l'incendie du Pentagone faisait rougeoyer le ciel de Washington,
«la nuit est tombée sur un monde différent», selon les termes de George W.
Bush.
Quelques jours plus tard, debout sur les ruines des tours jumelles à New
York, le président américain s'est présenté en chef de guerre, réorganisant
le débat politique interne et les actions américaines à l'étranger autour de
sa «guerre contre le terrorisme».
Mais les premiers succès sont désormais loin. L'intensité des combats
augmente en Afghanistan, des régions entières d'Irak sont paralysées par la
violence, et les tribunaux américains ont ébranlé les piliers légaux de la
lutte antiterroriste. À deux ans de la fin de son mandat et à l'approche
d'élections parlementaires en novembre, George W. Bush voit pâlir son
étoile.
L'élan de soutien mondial et le consensus national se sont brisés sur
l'Irak, alors que le président dénonçait des armes qui n'existaient pas et
évoquait un improbable «axe du mal» entre l'Irak, l'Iran et la Corée du
Nord. «Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes avec les terroristes»,
insistait-il.
La guerre en Irak a déjà coûté la vie à plus de 2600 soldats américains
depuis 2003. Et selon les autorités irakiennes, 3200 Irakiens ont été tués
rien qu'à Bagdad ces deux derniers mois.
Parallèlement, le soutien inconditionnel à Israël, même au plus fort de la
crise libanaise, a coûté aux États-Unis les liens qu'ils tentaient d'établir
dans le monde arabe, où des enquêtes montrent une méfiance toujours plus
forte vis-à-vis de l'Amérique.
«La diplomatie américaine a réussi à isoler non pas les terroristes, mais
les États-Unis», résume James Dobbins, analyste au centre de recherche RAND
Corporation.
Aux États-Unis, la Cour suprême a invalidé les tribunaux établis par le
président pour juger les détenus de Guantanamo, et le gouvernement peine à
justifier son programme d'écoutes téléphoniques sans mandat de la justice,
ou ses techniques d'interrogatoire proches de la torture.
Faisant front face aux critiques, les partisans du président soulignent
qu'aucune nouvelle attaque n'a frappé le territoire américain, alors que des
bombes ont explosé à Londres, à Madrid et en Inde et que le complot déjoué
début août en Angleterre a montré que la menace était réelle.
Mais la panique, qui s'était emparée du pays il y a cinq ans, alimentée par
les alertes régulières du ministère de la Sécurité intérieure et par des
crises annexes comme le bacille du charbon dans le courrier ou le tireur fou
de Washington, s'est apaisée.
En dehors de Washington et New York, qui restent plus sensibles à chaque
alerte comme lors du complot présumé déjoué par Londres, la vie a repris un
cours normal. Mais souligne Sean Kay, professeur d'université dans l'Ohio
(nord), «ce qui a changé ici au fin fond du pays (...) c'est une prise de
conscience croissante qu'il y a peut-être des façons différentes d'envisager
le problème» du terrorisme.
George W. Bush avait promis d'attraper Oussama ben Laden «mort ou vif», mais
l'instigateur du 11 septembre court toujours, et s'il n'a probablement plus
de rôle opérationnel, il reste une source d'inspiration pour d'éventuelles
nouvelles attaques.
En cinq ans, une meilleure coordination entre le FBI, la CIA et leurs
homologues étrangers, ainsi qu'une plus grande vigilance du public, ont
cependant permis de faire énormément progresser la prévention.
«La léthargie qui régnait avant le 11 septembre est finie, le
contre-terrorisme a pris le dessus sur la bureaucratie», estime James Lewis,
du Centre d'études stratégiques et internationales. Steve Collinson Agence
France-Presse |
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