|
11 SEPTEMBRE 2001
George Bush sur la
sellette
George W. Bush est intervenu
publiquement pour se défendre de n'avoir pas suffisamment pris en
compte les risques d'attentats du 11 septembre aux Etats-Unis. Des
parlementaires demandent des enquêtes approfondies au lendemain des
révélations qui ont confirmé que le président avait été averti des
attentats.
Le
président américain George W. Bush s'est défendu vendredi, au cours
d'une intervention publique depuis la Maison Blanche, d'avoir trop peu
réagi face aux risques d'attentats terroristes avant les
attaques-suicides du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.
Plusieurs
parlementaires américains influents ont demandé jeudi des enquêtes
approfondies au lendemain des révélations de la Maison Blanche qui a
confirmé que le président avait été averti plusieurs semaines avant le
11 septembre, que le réseau d'Oussama ben Laden risquait de détourner
des avions de ligne américains.
Le chef du groupe démocrate à la Chambre
des Représentants Dick Gephardt a déclaré que le Congrès devait
absolument découvrir, dans le cadre d'audiences publiques, ce que George
Bush et d'autres responsables américains savaient exactement, quand ils
l'avaient appris et quelles mesures avaient été prises par la suite. Il
n'a pas exclu que des enquêtes supplémentaires soient demandées.
" Nous voulons savoir "
Y a-t-il eu un échec des services de
renseignements?", s'est interrogé Dick Gephardt. Ou "est-ce que les
responsables concernés n'ont pas agi de façon appropriée sur la base des
informations des renseignements? Ce sont des choses que nous avons
besoin de savoir".
Le vice-président
Dick Cheney a qualifié les critiques des parlementaires de "profondément
gênantes" et appelé ses adversaires à la prudence. "Ils doivent être
très prudents et ne pas chercher d'avantages politiques en faisant des
commentaires incendiaires," a-t-il déclaré lors d'une discours devant
les conservateurs de New York.
Les services de
sécurité américains avaient été discrètement placés en état d'alerte en
août dernier, sur la base d'informations transmises au président Bush,
selon la Maison Blanche. Mais les responsables ont assuré que le chef de
l'Etat et les services de renseignements américains ignoraient que les
pirates de l'air entendaient se servir des avions détournés comme
missiles pour percuter des cibles américaines, comme ce fut le cas le 11
septembre contre le World Trade Center et le Pentagone.
Critiques
Cette nouvelle,
qui constitue le premier lien direct entre George W. Bush et les
informations recueillies par les renseignements américains avant le 11
septembre, a suscité des critiques des membres de la commission
parlementaire, qui enquête déjà pour savoir si l'administration
américaine a réagi de façon appropriée aux éléments laissant présager
des attentats potentiels.
Le porte-parole
de la Maison Blanche, Ari Fleischer, harcelé de questions sur le sujet,
a tenté dans un premier temps de minimiser l'importance de ces
révélations. Il a rappelé que depuis longtemps il existait des craintes
de détournements d'avions par des terroristes islamistes et que le
réseau Ben Laden était une source d'inquiétude pour les Etats-Unis
depuis de longues années.
"Je ne crois pas
que cela doive surprendre quiconque", a-t-il déclaré. "Mais le président
n'a pas -n'a pas- reçu d'information sur l'utilisation des avions comme
missiles par les kamikazes. C'était une nouvelle forme d'attentat qui
n'avait pas été prévue".
Sondage
Le quotidien
USA Today a publié vendredi un sondage qui révèle que la majorité
des Américains (68%) pensent que l'administration Bush aurait dû révéler
plus tôt avoir eu connaissance un mois avant les attentats du 11
septembre du risque de détournements d'avions par Al-Qaïda. 29% des
Américains ne partagent pas cet avis.
Pour deux tiers
des Américains, ces révélations n'ont cependant pas modifié l'opinion
qu'ils avaient de George W. Bush, contre 32% qui ont une opinion moins
favorable.
Sondage
réalisé par l'institut Gallup auprès d'un échantillon de 598 personnes.
Marge d'erreur de plus ou moins 4%.
|