Recueillement pour la fin du déblaiement
du World Trade Center
1

jeudi 30 mai 2002 :
Au son lancinant des
cornemuses, mais sans discours, les habitants de New York ont marqué
dans le recueillement la fin de près de neuf mois de déblaiement des
ruines du World Trade Center.
261 jours après les attaques contre les tours jumelles et trois mois plus
tôt qu'initialement prévu, la cérémonie s'est ouverte au son lugubre des
cloches du corps des pompiers.
A Washington, le président George W. Bush a rendu hommage à tous ceux qui
ont dégagé les ruines du World Trade Center. "Au nom d'une nation pleine de
gratitude, je veux remercier tous ceux qui ont participé à déblayer ce site
fatal et je veux que notre pays continue à offrir ses prières aux familles,
amis et citoyens qui souffrent encore des conséquences des attentats du 11
septembre", a-t-il déclaré.
Une bannière étoilée pas même déployée et
posée sur une civière a symbolisé, pendant les 20 minutes qu'a duré la
cérémonie, les victimes à jamais disparues sous les décombres des tours.
Leur effondrement a fait 2.823 morts, dont 1.800 n'ont toujours pas été
identifiés.
Il n'y a eu ni discours ni prières. A
10h29 précises (14h29 GMT), soit l'heure à laquelle, le 11 septembre, la
deuxième tour de 110 étages du WTC s'était effondrée, cinq coups de
cloche ont retenti à quatre reprises. C'est ainsi que les pompiers de
New York saluent leurs camarades morts en service.
Plusieurs centaines de milliers de
personnes, famille des victimes, pompiers, policiers, sauveteurs,
officiels dont l'ancien maire de la ville Rudolph Giuliani et son
successeur Michael Bloomberg mais aussi le gouverneur de l'Etat de New
York George Pataki, étaient venues se recueillir en silence.
Au son des cornemuses et des roulements de
tambours, les fanfares de la police et des pompiers ont marché au pas
cadencé le long d'une rampe montant du fond de Ground Zero, suivant la
civière sur laquelle reposait le drapeau américain, tandis que des
fonctionnaires de la ville, de l'Etat de New York et de l'Administration
formaient une haie d'honneur.
Fermant le ban, un camion avançant au pas
emmenait hors du site une dernière poutrelle d'acier enveloppée d'un
crêpe noir et d'un autre drapeau américain et recouverte d'une gerbe de
fleurs.
Arrivée en haut de la rampe, la procession
a fait une pause, le temps pour les clairons de faire retentir la
sonnerie aux morts tandis qu'une formation de cinq hélicoptères
survolait l'assistance. La procession s'est ensuite engagée vers le nord
de la ville, les fanfares des pompiers et de la police entonnant "America
the Beautiful", sous les applaudissements.
Le semi-remorque a ensuite pris la direction d'un entrepôt proche de
l'aéroport Kennedy où la poutre sera stockée en attendant d'être intégrée
dans le futur mémorial qui sera érigé sur le site.
PRES DE DEUX MILLIONS DE TONNES DE GRAVAS
"Aujourd'hui, c'est une journée
douce-amère", a confessé Leslaine Lambert, un métallurgiste de 44 ans
qui a travaillé cinq mois durant au déblaiement du site. "C'est la fin
des travaux mais c'est aussi une journée de souvenir pour tous ceux qui
sont morts ici. Nous adressons nos condoléances à toutes leurs
familles", a-t-il ajouté.
"Je suis ici depuis le premier jour. Je
crois que nous avons fait du notre mieux. S'il le fallait, je le
referais sans hésiter" a déclaré quant à lui Richard Steer, un grutier
de 34 ans participant à la haie d'honneur.
La poussière n'était pas encore
complètement retombée sur Ground Zero, le 11 septembre, quand les
premières équipes de secours ont commencé à déblayer les quelques 1,6
million de tonnes de gravas et de débris laissés par l'effondrement des
tours jumelles du WTC.
En quelques heures, des milliers de
pompiers, de policiers, de médecins et d'infirmiers se sont précipités
sur les lieux avant de laisser la place aux ouvriers du bâtiment et aux
bénévoles.
Au plus fort de la mobilisation, la
Croix-Rouge américaine avait rassemblé 2.500 de ses membres et bénévoles
pour nourrir les sauveteurs et tous ceux qui travaillaient sur le site,
leur offrir le gîte et au besoin leur fournir des vêtements. Au cours
des huit derniers mois, elle a servi 17 millions de repas avec l'aide de
l'Armée du Salut.
La dernière
poutre d'acier encore debout dans la zone de «ground zero» a été mise à
terre mardi dans la nuit, point final symbolique de plus de huit mois de
travaux de déblayage sur le site des tours du World Trade Center.
La
dernière poutre d'acier encore debout dans la zone de "ground zero" a été mise à terre dans la nuit, point final symbolique de
plus de huit mois de travaux de déblayage sur le site des tours du World
Trade Center.
Les mille hommes et officiers sur place ont alors scandé : "USA, USA,
USA."
C'est la fin d'un travail herculéen - la recherche macabre de restes
humains et l'évacuation de débris et de cendres sur les sept étages en
hauteur et les huit étages en sous-sol qui sont restés après
l'effondrement des tours jumelles de 110 étages le 11 septembre après les
attentats.
Les sauveteurs ont extrait du site 1,8 million de tonnes de gravas et
d'acier en plus de 108.000 cargaisons, selon le commissaire adjoint Frank
McCarton qui a supervisé l'opération.
Plus de 19.000 restes humains ont également été retrouvés.
La poutre, une relique pour les quelque 2.800 personnes qui ont trouvé la
mort dans les attentats, porte le nom des pompiers et policiers morts dans
le sauvetage, des messages personnels griffonnés. Des photos y sont
collées.
"Ceux qui se sont consacrés à cet effort sont sur le point d'achever un
énorme travail," a déclaré le maire New York, Michael Bloomberg. "C'est
leur nuit de réflexion et de souvenir."
Joseph Alba est l'un d'entre eux. Il fut aussi membre d'une des premières
équipes à avoir apporté de l'acier sur le site du World Trade Center en
1967. Mardi, il faisait partie d'une des dernières équipes à travailler.
"Nous ne faisons que travailler," a dit Alba, âgé aujourd'hui de 60 ans.
"Je suis content que ce soit terminé". Le 11 septembre, quand les avions
ont foncé sur les tours, il travaillait près du terminal de South Ferry.
Alba a vu les tours brûler, puis s'effondrer. Le nuage de fumée l'a forcé
à battre en retraite.
"Je n'aurais jamais cru qu'elles tomberaient. Jamais de la vie."
La poutre a été chargée sur un camion. Elle marquera la fin officielle
d'une cérémonie
|