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         Le nombre de vos témoignages ou réactions  est considérable.
           En voici quelques uns :


D. (Clamart)
Nous sommes le lundi 17 septembre 2001. Je décide d’écrire ces quelques mots maintenant car j’en ai besoin. Je ne peux m’exprimer autrement que par écrit. Depuis mardi 11 septembre dernier, je me sens étreinte d’une angoisse diffuse mais réelle. J’ai peur de ce qui attend notre monde, de ce que vont peut-être connaître mes enfants et mes petits-enfants qui sont à naître. La guerre, c’est le nom de famille de ma peur. Une vieille connaissance, pas mienne directement – je suis née en 1956 - mais bien trop connue de ma famille. Mon grand-père est mort au combat en août 1914, alors que mon père n’avait que 15 mois. Puis, au tour de mon père de partir défendre sa patrie dès août 1939, laissant ma mère à Paris avec mon frère né en 1937. Fait prisonnier avec son régiment, Papa s’est évadé du camp de prisonniers en Allemagne l’hiver suivant, échappant ainsi à plusieurs années de réclusion. Ses souvenirs ont marqué ma mémoire et me font supplier ceux qui ont aujourd’hui de terribles décisions à prendre, de tout mettre en œuvre pour que tous les jeunes de notre terre ne soient jamais confrontés à cette saloperie. Qu’il faille punir les commanditaires de la monstruosité commise sur le peuple américain, OUI absolument. En revanche, je hurle déjà NON à une vengeance aveugle et à tout amalgame pouvant entraîner des innocents dans la tourmente de la haine.

Carole (Tarn)
Ma fille est actuellement en Amérique. Un jour avant l'attentat, elle a mangé dans le restaurant panoramique d'une des tours au 107ème étage. Elle est étudiante. Son avion ayant été annulé elle est toujours aux Etats Unis et devrait revenir le 24 si son avion n'est pas annulé. Car une riposte se prépare. Aussi, je suis comme je peux les informations et espère qu'elle pourra rentrer...

Tarapacki (Landerneau)
3 jours déjà. Et je me sens toujours aussi bouleversé et inutile, alors j'ai envie de parler, de hurler. Il y a 57 ans ils se sont jetés sur nos plages pour nous rendre notre liberté, sous un déluge de fer et de feu, ils avaient 20 ans et ils sont venus mourir loin de chez eux pour abattre la bête immonde née de la haine de l'autre et aussi un peu de notre propre incurie après la gestion désastreuse de l'après première guerre mondiale. 27 ans plus tôt ils s'étaient enlisés dans la boue des tranchées, avaient souffert dans la fumée des gaz, ils avaient tendu leurs mains jeunes et vigoureuses à nos poilus épuisés et fourbus en reconnaissance à un passé déjà lointain, "La Fayette, nous voilà" disaient-ils. Aujourd'hui j'ai envie de dire "Eisenhower, compte sur nous". Mais au-delà des grandes phrases et de la douleur, il faut ouvrir les yeux sur une chance historique qui est offerte au monde de changer une bonne fois pour toute, il faut en finir avec nos querelles de comptoir et mettre un terme, tous ensemble, Européens, Américains, Russes, Chinois... Tous les hommes et femmes de cette petite planète, à cette nouvelle et j'espère, mais c'est sans doute un vœu illusoire, dernière forme de barbarie, pour laisser la place à un monde de dialogue et de fraternité. peut-être. Nouvelle par le niveau d'horreur atteint, mais nouvelle aussi par le type d'organisation dont elle est issue. La menace ne vient plus des états, elle a toujours été le fait d'individu plus fou que les autres…

Michel (région parisienne)
Avant toute chose, je tiens a exprimer ma compassion et ma solidarité avec les victimes de cet acte effroyable. Maintenant, au delà de l'émotion, je pense que nous devons être attentifs à la façon dont nous nous exprimons. Je trouve extrêmement dangereux de parler d'acte de guerre dans cette affaire.
La guerre, que nous ne pouvons que déplorer, n'est pas un acte illégal. Jamais un pays n'a été condamné parce qu'il est en guerre. D'ailleurs celle-ci n'est-elle pas considérée comme un acte politique. Alors appliquer l'appellation 'guerre' à cet acte revient à 'légaliser' un acte de terrorisme Or le terrorisme, pratiqué pour quelque raison que ce soit, doit être maintenu hors la loi, sinon en viendra à assimiler le terrorisme Corse, Basque, Palestinien, Islamique à des acte des guerre donc légitimes . Et leurs auteurs relèveront du statut de prisonnier de guerre, ce ne seront plus des assassins ! A l'heure des frappes chirurgicales, de la guerre zéro mort, le nombre de morts ne justifie plus l'utilisation de l'appellation 'guerre' . C'est de la barbarie, rien d'autre : du terrorisme. Enfin, en tant que monde démocratique et états de droits (état de droit : une des belles valeurs occidentales), nous ne pouvons récupérer ce statut d'état de guerre pour nous épargner la peine de toute traduction en justice et nous laissez aller à des actes de vengeance sous appellation d'opérations militaires.

Edith
Je suis extrêmement peinée de voir des innocents périr dans ces conditions si atroces. Mais est-ce une raison de vouloir rendre la violence par la violence. J'ai très peur que d'autres innocents viennent noircir la triste réalité lors de la rispote des U.S.A.. Surtout ces femmes afghanes qui vivent un cauchemar depuis 1979, date de l'invasion soviétique. A la fin de ce conflit, nous étions nombreux à penser que le pays s'en sortirait. Peine perdue, ces femmes sont devenues prisonnières de leur propre pays, sans parole et sans visage. Faut-elles qu'elles souffrent encore? Essayons de trouver des solutions plus pacifistes pour punir les vrais coupables...

Michel (Québec)
Je vous écoute depuis le Québec, et vous êtes les seuls à ma connaissance, qui donnez un suivi très fourni. Continuez à faire une info non dirigée, comme malheureusement c'est le cas en Amérique…

Yossi (USA, Floride)
Simple et petit message, mais pourtant le plus lourd du monde vu mon chagrin de ce qu'il arrive au monde en général et N.Y actuellement... J'ai perdu toute la famille de mes parents durant la dernière guerre mondiale... plus de famille, plus rien... reprendre tout a zéro... et voilà que surgissent des affreux commettant l’inimaginable que même le diable en personne ne pourrait imaginer.. des avions remplis de différents humains entrant dans des tours remplies d’humains… je ne sais même pas comment le décrire, mais la dernière chose que je pensais voir dans ma vie c'est encore une fois une guerre...

Yvahna (Roussay)
Que peut-on penser de ce qui se passe depuis mardi sur notre planète ? J'entends les mots "guerre de religions" , de la pauvreté contre la richesse, de l'orient contre l'occident. En fait, si l'on devine le commanditaire de cette attaque, personne ne connaît, ni ne devine le pourquoi de cette attaque. Il n'y a rien à négocier, et le monde occidental n'en a pas l'habitude. Nous ne savons pas comment réagir, mis à part souhaiter le moins de morts possible de quelque coté que se soit. Personnellement, j'ai peur, mais je ne sais pas de quoi je dois avoir peur.

Sarah (Nice) :
Je ne savais trop à qui adresser cette lettre de soutien aux familles de victimes et à la population américaine, votre service m'est donc apparu comme le plus approprié en ce qui concerne la transmission... C'est en direct que j'ai découvert la tragédie qui s'abattait sur les Etats-Unis. A peine les premières images nous sont-elles parvenues que je me suis sentie assaillie par un flot d'émotions. De la peine à la haine, j'ai éprouvé de nombreux sentiments... De la haine tout d'abord pour les commanditaires de ces attentats, pour ces extrémistes prêts à faire jaillir le sang pour un idéal inexistant. Je tente maintenant d'apaiser ce sentiment de haine, le désastre du World Trade Center, du Pentagone et de Pittsburgh nous montre bien combien ce sentiment peut entraîner de dégâts... Ma peine, elle, reste intacte, une blessure à vif que chaque image diffusée par les médias ravive. Je pense de tout mon cœur à ces familles touchées par ces attentats, à la douleur immense qui les envahit. Plus qu'une nation, c'est le monde entier qui a été touché par ce massacre, parce que nous aurions tous pu être l'une de ces victimes, parce que nous le serons peut être demain, mais surtout parce que des milliers d'humains, comme vous et moi, des parents, des maris, des femmes, des enfants ont été assassinés par quelques terroristes au sang froid et au cœur vide de tout sentiment... Que faut-il faire pour que le monde vive en paix, pour que ses habitants comprennent enfin que nous formons un tout, une unité ?

Isabelle (Indre) :
Merci pour votre travail. J'ai couru le monde jusqu'à mes 20 ans et ma sœur travaillait à New York (ONU) jusqu'à il y a un mois. Je suis très choquée. Je ne capte pas d'autre radio que France Inter, et si j'avais été ailleurs, j'aurais mis France Info, mais vous avez fait France Info pour moi. je n'ai pas la télé et n'ai pas vu les images. Vous êtes formidables, tous, journalistes, techniciens, direction et toutes les femmes de ménage et autres personnes dont on n'entend jamais parler. Je vous écoute depuis mercredi 15h !

Lycée Saint-Vincent-de-Paul (Avignon) :
Elèves de 1ère BAC Professionnel au lycée Saint-Vincent-de-Paul d'Avignon, nous avons observé hier 3 minutes de silence en mémoire des victimes des attentats aux USA. Nous sommes impuissants, mais nous aimerions transmettre un message de solidarité à des lycéens de New York qui ont assisté à ce drame ou peut-être perdu un proche.

Franck (Orne) :
Je pense que ces attentats doivent être un coup d'arrêt aux armements et non pas le prétexte à une nouvelle démonstration de force de l'OTAN sous couvert de l'ONU, le temps de la paix est peut être venu, en tout cas j'espère qu'on pourra y réfléchir pendant trois minutes...

Angèle (Cameroun) :
George W. Bush l’affirme : «les Etats-Unis emploieront toutes leurs ressources pour répliquer». Pourquoi cela ? pourquoi ne peut-il pas voir dans quelle mesure arranger cette situation, au lieu de répliquer ? c'est drôle de savoir que lorsque tu es face à une situation comme celle-ci rien ne peux empêcher la guerre.
Il ne faut donc pas cela, car tout ceux qui sont morts n'auront pas aimé mourir. Donc il faut calmer la situation, au lieu de dire "répliquer" car le suspect n'est pas encore déterminer et l'on ne peux justifier cela.

Sylvie (Yvelines) :
Je suis institutrice en CM2. Ce matin, mes élèves ont beaucoup parlé, ils en avaient besoin. Ils ont exprimé le désir de faire "quelque chose". L'un d'eux a suggéré que nous enregistrions une K7 vidéo sur laquelle ils pourraient exprimer leur "tristesse" (je cite) et leur "sympathie" ainsi que leur désir de "demander aux adultes de refuser la guerre". Ce souhait a rencontré l'enthousiasme de tous. Je crois que si on donne la parole aux enfants il faut aussi se donner la peine de faire aboutir leur projet, essentiellement dans des circonstances aussi graves.

Alain (Saint-Benoît, la Réunion) :
je n'ai pas la télé depuis un an. J'ai redécouvert la force de la radio lors d'évènements comme celui qui vient de frapper New York. Merci d'être là et de maintenir aussi haut la raison au côté de l'émotion. La barbarie se rapproche. Les Algériens la connaissent depuis plusieurs années mais personne n'est plus là pour la voir ou entendre les plaintes de ceux qu'elle frappe. Nous ressentons à présent ce qu'ils vivent tous les jours.

Jacques (Guadeloupe) :
Je suis loin des USA, quoique j'habite en Guadeloupe où je travaille, et je voudrais savoir ce que nous pouvons faire pour aider ceux qui pleurent la perte d'un être cher. Continuez votre travail pour que le mot liberté soit à tout jamais notre étendard.

Martine (Fontainebleau) :
Fidèle auditrice, je tiens à vous remercier pour le travail exemplaire effectué au niveau journalistique concernant la couverture des événements. Il est essentiel d'aborder toutes les questions soulevées par ce drame majeur et de tenter d'y répondre par des analyses pertinentes. Ma fille se trouve à New York et vit en direct ces événements mais elle regrette que CNN notamment ne soit qu'une avalanche d'images et que les media américains n'analysent pas en profondeur le pourquoi du comment. Je lui transmets donc, lorsque nous pouvons rentrer en contact, les analyses de France Inter. Mon fils de 10 ans a été extrêmement choqué non pas par le World Trade Center en feu (les enfants sont habitués à ce genre d'images à travers les films catastrophes), mais par les images montrant un groupuscule de Palestiniens en liesse. Je suis atterrée que l'on ait pu montrer ses images, comment expliquer à un enfant que des gens puissent se réjouir du malheur des autres. Il n'y a pas sur-information de votre part, libre à chacun de tourner le bouton. Bon courage à tous.

Marianne (Saint-Denis):
Comme tout le monde je réagis dans mon être,
mais non je ne me sens ni américaine, ni new-yorkaise, mais citoyenne du monde.
Toutes les descriptions, toutes les horreurs, oui c’est un cauchemar. C’est pourtant le symbole qui importe et qui nous met en face d’une nouvelle donne des rapports de force vis à vis de laquelle nous sommes profondément démunis. C’est vraisemblablement le début d’une réflexion à l’échelle mondiale sur de nouvelles formes de ripostes élaborées en dehors des codes classiques régissant les rapports de force politique et militaire de la puissante Amérique et de l’Occident. Je ne crois pas qu’il faille considérer les auteurs de cet acte, comme l’a souvent fait la classe politique, comme une entité terroriste qu’il faut condamner et punir, banalisant le symbole de leur acte. C’est beaucoup plus grave. Au nom de qui ces kamikazes ont agi ? Et pourquoi ? N’a-t-on pas le devoir de se poser ces questions puisque cet acte par sa gravité soulève la question de l’acte de guerre ? N’y aurait-il pas dans nos nombreuses organisations et règles du jeu internationales des laissés-pour-compte qui n’ont rien à perdre et se reconnaissent dans une violence sans précédent violant toutes nos garanties morales d’un ordre démocratique politiquement propre ? Est-ce que cela nous donne le droit de déclarer un «état de guerre» ?

Michel (Etampes) :
Nous avons entendu sur votre antenne des informations qui disaient qu'il fallait être pilote confirmé pour aller crasher un avions dans les tours de Manhattan. Or, dans tous les supermarchés vous pouvez acheter des logiciels de simulation de vol ; si de plus vous avez à vos côtés un pilote chevronné, vous pouvez sans aucun problème mettre un avion dans des tours. Il est à noter que Microsoft (qui édite Flight Simulator, l'un des principaux logiciels) vient de faire un don important pour les secours.

Stéphanie (Londres, GB) :
Je voulais juste vous remercier pour la qualité de vos reportages sur votre site Internet. J'habite à Londres et je ne possède que peu de moyens pour m'informer de se qui passe aux Etats Unis.

Yann (Syracuse, USA) :
Je suis un citoyen franco-américain habitant a Syracuse dans l'état de New York avec mon épouse française et nos enfants. Nous sommes tous sains et saufs a Syracuse, toute la famille va bien. Pour une fois je n'étais pas en déplacement ce jour là et pas à NYC ! Au bureau nous étions tous réunis en choc devant la TV de la salle de visioconférence dès le premier attentat et avons vu le deuxième avion s'écraser, puis les tours s'effondrer. Le cousin de notre directeur des ventes grand public, le frère d'un autre collègue travaillaient dans les tours et nous sommes sans nouvelles. La sœur de notre responsable service clients avait un rendez-vous de dernière minute avant de se rendre au travail au World Trade Center et a été sauvée. Pour une amie de ma sœur il n'y a pas de nouvelles. Aucun employé de l'entreprise ne semble être directement concerné malgré le nombre de déplacements que nous faisons. Les chefs des ventes régionaux sont ici pour des réunions budgétaires et ils ne vont pas pouvoir rentrer chez eux puisque tous les aéroports sont bouclés, avions au sol, probablement pour encore quelques jours. Toutes les écoles ont été fermées, tous les immeubles/tours évacuées partout aux USA. Ma fille est rentrée de l'école. Des cousins habitant Washington DC et Manhattan vont bien, Dieu merci. Par contre la meilleure amie de ma cousine travaillait au 88ème étage du WTC et elle est sans nouvelles, il en est de même pour les parents de quelques enfants dont elle est la prof. Il a été difficile/impossible de contacter qui que ce soit par téléphone puisque toutes les lignes sont saturées, par contre l'e-mail fonctionne bien...

 
    
 

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