11 septembre: plainte de
familles
contre les financiers d'Al-Qaïda
WASHINGTON
(AFP) vendredi 16 août - Plus de 600
proches des victimes des attentats du 11 septembre ont déposé jeudi une
plainte civile contre le Soudan, trois princes de la famille royale
saoudienne, sept banques internationales, huit organisations caritatives
islamiques, et plusieurs financiers, les accusant d'avoir participé au
financement occulte du réseau terroriste Al-Qaïda.
"Un des buts premiers de cette action en
justice est, pour les familles, de faire en sorte que les faits soient
exposés au grand jour", a déclaré l'avocat principal Ron Motley, lors d'une
conférence de presse à Washington.
Cette plainte du collectif "Familles du 11
septembre unies pour ruiner le terrorisme", déposée devant le tribunal
fédéral de Washington, vise également Oussama ben Laden, chef du réseau
terroriste Al-Qaïda, son demi-frère Tarek, et la milice fondamentaliste des
talibans.
"Cette action n'est pas seulement une
question de justice et de responsabilité. Il s'agit de protéger les
Américains des futures atrocités que ces barbares planifient", a ajouté Ron
Motley.
Les familles membres du collectif sont
originaires des Etats-Unis, du Canada, de la France, de la Suisse, de
l'Argentine, du Paraguay et de l'Afrique du Sud et leur nombre ne cesse
d'augmenter.
"Nous nous attendons à avoir environ un
millier de plaignants d'ici le mois de septembre", a indiqué Ron Motley.
"Nous allons couper le flot financier qui
alimente le terrorisme ici et dans le monde", a expliqué William Doyle, dont
le fils de 25 ans est mort dans le World Trade Center.
La plainte réclame le versement de
dommages-intérêts allant d'au moins 1.OOO milliards de dollars à 3.000
milliards de dollars par personne ou entité assignée, à titre collectif ou
individuel. L'Etat du Soudan se voit réclamer 100.000 milliards de dollars.
Ces montants sont indicatifs et varieront
avec le nombre de plaignants, a toutefois précisé Ron Motley.
"Les plaignants invoquent l'Etat de droit
pour rendre comptables de leurs actes ceux qui ont favorisé, financé,
parrainé ou encore soutenu matériellement les actes de barbarie et de
terreur infligés le 11 septembre", selon le texte de la plainte.
Celle-ci, longue de 259 pages, repose en
grande partie sur un rapport d'enquête sur le réseau Al-Qaïda rédigé par
l'avocat français Jean-Charles Brisard, aujourd'hui consultant auprès de la
commission du Renseignement du Sénat américain.
Parmi les individus nommément visés
figurent notamment trois princes de la famille royale saoudienne: le
ministre saoudien de la Défense, Sultan ben Abdel Aziz al-Saoud, l'ancien
chef des services secrets saoudiens Turki al-Fayçal al-Saoud, et un homme
d'affaires Mohammed al-Fayçal al-Saoud, directeur de Faisal Islamic Bank.
La plainte affirme que le prince Turki al
Fayçal al-Saoud a accepté en 1998 de ne pas demander l'extradition d'Oussama
ben Laden d'Afghanistan et a fourni une "aide généreuse" aux talibans, en
échange de l'accord de ben Laden de ne pas utiliser l'Afghanistan comme base
d'opérations pour déstabiliser le régime wahabite.
Elle affirme également que le prince
Sultan a fait don d'au moins six millions de dollars depuis 1994 à quatre
organisations "charitables" islamiques qui servaient en fait à financer
Al-Qaïda.
"Nous nous attendons à ce que les
ressortissants saoudiens et les banques du Golfe se battent. Mais ils vont
devoir se battre ici. Ils vont devoir se présenter devant le tribunal à
Washington", a lancé Ron Motley, qui avait mené le combat contre les
fabricants de cigarettes aux Etats-Unis.
Sept banques sont visées par la plainte,
dont la National Commercial Bank, la première banque commerciale saoudienne
et la Faisal Islamic Bank, la plus importante banque islamique au
Proche-Orient.
Au titre des fondations et organisations
caritatives islamiques, on trouve l'International Islamic Relief
Organization, Muslim World League, Al-Haramain Islamic Foundation Inc,
Benevolence International Foundation, the World Assembly of Muslim Youth.
Le groupe de construction immobilière de
la famille ben Laden, le Saudi Bin Laden Group, est également assigné.
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