Bush fait
du 11 septembre
la "journée des patriotes"
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Le président George W. Bush a annoncé son intention de faire du 11
septembre, date des attentats contre Washington et New York, la "journée
des patriotes", qui sera désormais l'occasion de cérémonies commémoratives
telles que des veillées aux chandelles.
"Pour cette première
journée des patriotes, nous nous souviendrons et nous rendrons hommage à
ceux qui ont péri dans les attaques terroristes du 11 septembre 2001", a
affirmé mercredi M. Bush dans une proclamation présidentielle.
"J'encourage les
Américains à mettre le drapeau en berne devant leur maison ce jour-là et à
observer un moment de silence (...) pour rendre hommage aux victimes
innocentes qui ont perdu la vie dans les attaques terroristes du 11
septembre 2001", a-t-il dit.
Dans une résolution
conjointe approuvée le 18 décembre 2001 par le Sénat et la Chambre des
représentants, le Congrès avait demandé au président de proclamer le 11
septembre "journée des patriotes".
Un an après la
tragédie, la brûlante fièvre patriotique qui a saisi l'Amérique après les
attentats du 11 septembre est toujours perceptible sur le sol américain,
sans toutefois atteindre le degré d'une mobilisation massive de la
population contre le péril terroriste.
Les signes
extérieurs de ce patriotisme sont encore bien visibles. La "fierté d'être
Américain" s'étale toujours sur des affiches et des décalcomanies
soigneusement collés sur les pare-chocs des voitures.
Les statuettes en
plâtre des pompiers du World Trade Center, les nouveaux héros de
l'Amérique brandissant la bannière étoilée, continuent aussi de s'arracher
pour quelques dollars.
Les touristes
américains, qui se rendent par milliers à New York et Washington, les deux
villes frappées par les attentats, arborent le drapeau national sur des
T-shirts, des casquettes de base-ball, des chaussettes, des parapluies,
des maillots de bains, et des montres.
Des fonctionnaires,
plus élégants, épinglent au revers de leur veste de minuscules "pins"
représentant le même symbole ou choisissent, chaque 11 du mois, une
cravate aux couleurs du drapeau.
Les Américains
semblent aussi plus que jamais enclins à brandir ces symboles de leur
unité lors de grands rassemblements populaires, comme ce fut le cas à
l'occasion des Jeux Olympiques d'hiver et la finale du championnat de
football américain ("Super Bowl").
"Ce qui était dans
le passé considéré comme une cérémonie de routine ou une manifestation de
pur chauvinisme, est désormais perçu comme essentiel dans le processus de
thérapie collective d'une nation qui a trop longtemps mis l'accent sur sa
diversité sociale aux dépens de son unité", explique le professeur William
Kashatus, un historien de la Société historique du Comté de Chester, en
Pennsylvanie.
Mais, relèvent des
observateurs de la société américaine, le sentiment patriotique qui
étreint les Américains depuis la tragédie, n'a pas dépassé le plus souvent
le registre limité des symboles. |