|
WTC : des défaillances
mortelles
Selon le New York Times, la vie d'au moins
121 pompiers aurait pu être sauvée le 11 septembre, si le système radio
avait fonctionné.
La mort d'au
moins 121 pompiers aurait pu être évitée le 11 septembre, s'ils avaient pu
recevoir via leur talkie-walkie l'ordre d'évacuer la tour numéro 1 du World
Trade Center, qui s'est effondrée 29 minutes après la tour numéro 2, selon
une enquête du New York Times publiée dimanche.
Trois journalistes du quotidien ont, pendant plusieurs mois, interrogé une
centaine de pompiers, policiers et secouristes, étudié plus de mille pages
de rapports internes du Fire Department of New York (FDNY), écouté vingt
heures d'enregistrements de conversations radio de la police et des pompiers
et créé une base de données informatique pour gérer quelque 2.500
témoignages de témoins oculaires. Ils en concluent qu'un système de
télécommunications défaillant, une absence de coordination avec la police et
l'incapacité de mettre sur pied une stratégie à l'échelle de la catastrophe
ont coûté la vie à des centaines de soldats du feu.
"Aucune réponse"
L'enquête montre en effet les défaillances du système radio utilisé par les
soldats du feu, une technique vieille de 15 ans et qui avait déjà montré ses
points faibles lors de l'attaque au camion piégé contre le World Trade
Center en 1993. Le 11 septembre, le chef Joseph Callan se souvient ainsi
avoir lancé à 09H32 dans sa radio: "A toutes les unités dans la tour 1:
sortez, descendez dans le lobby. Mais nous ne recevions aucune réponse. Cela
nous inquiétait beaucoup". A l'inverse, les télécommunications des policiers
ont beaucoup mieux fonctionné, ce qui a permis l'évacuation de nombre
d'entre eux. Seuls 23 ont péri, contre 343 pompiers.
Plusieurs policiers racontent qu'ils ont vu des groupes de pompiers,
notamment au 19ème étage de la tour 1, se reposant ou attendant des ordres
qui ne venaient pas, quelques minutes avant qu'elle ne s'effondre. "Cela m'a
laissé penser qu'ils n'entendaient pas ce que nous entendions" témoigne le
sergent Andrew Wender, du NYPD.
Pas de coordination
Une vaste enquête interne est en cours au sein du FDNY, dont les résultats
sont attendus au cours des prochaines semaines. Plusieurs acteurs importants
du 11 septembre, comme l'ancien chef du FDNY Thomas Von Essen, ont regretté
le manque quasi-total de coordination entre policiers et pompiers. Leurs
postes de commandement n'avaient pas été établis au même endroit, et leurs
systèmes radios n'étaient pas compatibles.
Le New York Times révèle aussi que les lourdes pertes subies par le
FDNY s'expliquent également par le fait que de nombreux pompiers
hors-service se sont rués sur place, parfois à bord de voitures civiles, et
ont pénétré dans les immeubles sans en référer à qui que ce soit. Ils sont
ainsi 60 à avoir perdu la vie, estime le quotidien.
|