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11 septembre : Bush savait |
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LA
NOUVELLE a fait l'effet d'une bombe dans les milieux politiques
américains.
La Maison-Blanche a en effet révélé mercredi soir que les
services secrets américains avaient alerté George W. Bush au début du mois
d'août dernier de la possibilité de détournements d'avions orchestrés par Oussama ben Laden et son réseau Al-Qaïda. « Nous étions au courant de
menaces globales impliquant Oussama ben Laden dans le monde entier, y
compris aux Etats-Unis », a déclaré le porte-parole du président, Ari
Fleischer, lors d'une conférence de presse improvisée. Mais George W. Bush
et ses conseillers n'avaient aucun moyen de savoir que les pirates de
l'air utiliseraient les avions comme « missiles », s'est défendu M.
Fleisher, avant d'ajouter qu'« il y (avait) eu des spéculations de longue
date, partagées avec le président, sur la possibilité de détournements
dans un sens traditionnel du terme ».
La colère du président
Ces révélations de la Maison-Blanche
sont venues confirmer ce que la chaîne de télévision CBS avait affirmé
quelques heures auparavant. Elles interviennent surtout au moment même où
les enquêteurs parlementaires tentent de savoir si le gouvernement
américain a répondu de la façon la plus efficace possible aux menaces
d'attaques suicides avant le 11 septembre. Hier soir, devant des sénateurs
républicains, George Bush a réfuté toute « négligeance », soupçonnant les
démocrates de « manipulation politicienne ». Il y a quelques jours,
l'administration Bush avait pour la première fois reconnu qu'en juillet
dernier le siège du FBI avait été informé par un de ses agents, basé à
Phoenix (Arizona), de la nécessité de s'intéresser à un grand nombre de
ressortissants arabes prenant des cours de pilotage à l'intérieur du pays.
Le rapport suggérait également que les hommes d'Oussama ben Laden
pourraient utiliser ces écoles pour préparer des opérations terroristes.
Selon le porte-parole de George W. Bush, certaines mesures de sécurités
ont alors été prises, les différentes agences des transports alertées.
C'est peut-être pourquoi les pirates de l'air ont eu recours à des armes
difficilement détectables telles que des cutters et des couteaux en
plastique a suggéré M. Fleischer. Ce n'est pourtant pas par la voix du FBI
mais par la CIA que le président américain a pris connaissance de ces
éléments, début août. Il était alors en vacances dans son ranch de
Crawford (Texas) et, comme tous les matins, il s'était entretenu avec les
représentants des services secrets. Assemblées, ces informations posent la
question de savoir pourquoi le FBI et la CIA n'ont pas partagé les
éléments réunis qui, avec le recul, laissaient supposer ce qui allait
arriver. Elles expliqueraient en revanche la colère de George W. Bush
après le 11 septembre sur les problèmes de coordinations entre les
différentes agences et pourquoi, dès les premières minutes des attentats,
les conseillers du président ont immédiatement désigné Oussama ben Laden
comme responsable. |
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Le
Parisien , vendredi 17 mai 2002
Alexandra Ackoun |
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