Les réactions dans le
monde
Le monde a logiquement réagi
avec stupeur et horreur aux meurtrières attaques terroristes du 11
septembre, frappé par la destruction des symboles de la puissance
économique et militaire américaine.
Les
dirigeants de la planète ont tous adressé leurs condoléances à
l'Amérique et exprimé horreur et inquiétude. Seule, l'Irak a estimé
que ces attentats étaient "le fruit des crimes américains contre
l'humanité". A Islamabad, l'ambassadeur du régime des taliban au
pouvoir à Kaboul, où vivait encore Oussama ben Laden, a condamné ces
actions et demandé l'ouverture d'une enquête. Les taliban ont nié que
Ben Laden soit à l'origine des attentats.
Parmi
les principales réactions, notons celle du secrétaire général de
l'ONU, Kofi Annan, qui a "condamné absolument" ces attentats,
"des actes délibérés de terrorisme, soigneusement planifiés et
coordonnés".
Le président russe Vladimir Poutine est intervenu à la
télévision pour qualifier les attentats de "défi lancé à toute
l'humanité" et appeler à la lutte internationale contre le terrorisme,
"peste du 21ème siècle".
Le
président français
Jacques Chirac a exprimé
son "immense émotion" après ces "attentats monstrueux", juste avant de
présider un conseil des ministres consacré à la sécurité qui allait
renforcer le plan Vigipirate.
Le président de la Commission européenne, Romano Prodi, a
déclaré que les Européens se tenaient "aux côtés des Américains".
Le Premier ministre britannique Tony Blair s'est déclaré
"terriblement choqué (par) ce terrorisme de masse (...) perpétré par
des fanatiques qui sont totalement indifférents au caractère sacré de
la vie humaine".
La Chine s'est déclarée "horrifiée", selon l'agence Chine nouvelle qui
a indiqué que le président Jiang Zemin avait envoyé un message
à M. Bush exprimant sa sympathie au gouvernement et au peuple
américains.
Au
Proche-Orient, Yasser Arafat a fermement condamné les attentats
qualifiés de "crimes contre l'humanité". Une réaction entachée par des
images diffusées à la télévision de centaines de Palestiniens dans les
camps de réfugiés du Liban et dans les territoires occupés par Israël
manifestant leur joie en tirant en l'air des salves d'armes
automatiques. L'Egypte, le Koweït, le Qatar et la Syrie ont également
condamné les attentats, de même que le président iranien Mohammad
Khatami.
Le
Premier ministre israélien Ariel Sharon a assuré qu'il n'y
aurait désormais "aucun endroit dans le monde où les terroristes,
leurs complices et leurs commanditaires pourront trouver refuge" en
estimant que les attentats étaient "un tournant dans la guerre contre
le terrorisme mondial"
Le
dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a déclaré que "les différends
politiques et les conflits avec l'Amérique ne devraient pas constituer
un obstacle psychologique à l'envoi d'une aide humanitaire (...) à
toutes les personnes en Amérique, qui ont été profondément touchées
par ces attaques terribles". Même le gouvernement cubain a fait
part de sa "douleur et de sa tristesse" et offert une aide "à
caractère médical et humanitaire", "dans la mesure de ses modestes
possibilités".
La presse française au
lendemain des attentats
"La
nouvelle guerre", "Effroyable", "Le pire est arrivé", "Le monde a
peur" ou, tout simplement, "11 septembre 2001": les journaux français,
avec en couverture les photos pleine page des deux tours du World
Trade Center de New York en flammes, soulignaient au lendemain des
attaques que le monde entier était concerné.
Rien
ne sera plus comme avant après ce 11 septembre, estiment alors ces
journaux qui évoquent Pearl Harbor et soulignent que l'action contre
les Etats-Unis vise l'Occident tout entier.
"La
guerre": le nom est utilisé par Le Figaro, pour qui cette
"guerre totale, organisée, planifiée (...) atteste à la face du monde
l'extraordinaire fragilité de la première puissance, militaire,
technologique, industrielle, de la planète." Il s'agit d'une "guerre
nouvelle, contre l'Occident".
Pour
Libération, qui titre sobrement "11 septembre 2001", ce drame
"annonce une inflexion radicale d'une politique "bushienne", encore
tentée, jusqu'à hier, par le néo-isolationnisme". "Il en découlera
(...) la vengeance aveugle (...) ou une extrême sévérité à l'égard de
coupables identifiés. De cela dépendra la capacité américaine à
mobiliser ou non une vraie solidarité transnationale contre le cancer
terroriste".
France-Soir souligne que la
date du 11 septembre 2001 restera "à jamais gravée en lettres noires
dans l'histoire des Etats-Unis" mais que "personne ne peut rester
indifférent". "Le monde entier, chaque pays qui croit en la force de
la démocratie et de la raison", doit être aujourd'hui aux côtés des
Etats-Unis.
"Comment les Etats-Unis n'ont-ils rien vu venir?", s'interroge
Aujourd'hui/Le Parisien, qui dénonce "l'incroyable faillite des
services secrets" et résume: "Le monde a peur".
Le
journal catholique La Croix n'hésite pas à parler d'une
"mondialisation du scandale": "A cible mondiale, horreur universelle,
avec des images rappelant Pearl Harbor".
Le
quotidien communiste L'Humanité, sous le titre "Effroyable",
parle de "crime" qui a "frappé au coeur la nation américaine elle-même
et son peuple" et qui est "d'autant plus monstrueux qu'il peut
affecter la paix du monde tout entier".
Le
quotidien économique La Tribune relève que "l'Amérique n'est
plus un sanctuaire" et que les attentats "changent tout" sur le plan
politique et économique, tandis que son confrère Les Echos
souligne que les "actes de guerre" qui frappent les Etats-Unis,
touchent aussi "l'ensemble du monde".