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L'échec des services de renseignements

John Ashcroft, le ministre de la justice, au siège du FBI, le 27/09/2001 / AFPLes attaques terroristes contre le World Trade Center et le Pentagone aux Etats-Unis représentent un échec colossal pour les services de renseignements américains, supposés être les meilleurs au monde.

Les Etats-Unis dépensent au moins 10 milliards de dollars par an pour leurs activités de renseignement et anti-terroristes, qui comprennent un système d'écoutes électroniques sophistiqué. Mais le 11 septembre 2001, ils ont semblé être pris totalement par surprise par la série d'attentats à New York et Washington.

Les services de renseignements américains avaient pourtant bien reçu avant les attentats du 11 septembre des informations selon lesquelles des partisans d'Oussama ben Laden se trouvaient ou se rendaient aux Etats-Unis, mais ils n'ont pas su les exploiter pour déjouer ces actions, selon l'avis de nombreux observateurs (politiques, journalistes, spécialistes geo-stratégiques).

Dans une enquête, le quotidien américain the Washington Post met en cause dans ce spectaculaire échec le manque de communication entre la CIA (Agence centrale de renseignements) et le FBI (Bureau fédéral d'enquête), l'insuffisance du nombre des traducteurs, notamment d'arabe, la trop faible attention portée à l'analyse des données et le recours à des équipements périmés.

"Au cours des deux dernières années, la CIA a câblé au FBI les noms de quelque cent personnes soupçonnées d'être des associés d'Oussama ben Laden et dont on pensait qu'elles se dirigeaient vers les Etats-Unis ou y étaient déjà", selon le journal. Le budget du FBI alloué à la lutte contre le terrorisme, qui était officiellement devenue la principale cible de ce service, avait été triplé pendant les dix dernières années et le nombre de ses agents chargés de recueillir des informations avait été multiplié par cinq, souligne encore le journal. Mais "même s'il avait une information, le FBI ne savait parfois pas quoi en faire", ajoute-t-il. D'où peut-être ce surnom donné au FBI par de nombreux américains "Famous But Incompetent".

De nombreuses critiques sont venues du Congrès où les parlementaires, bien qu'ils aient resserré les rangs autour du président George W. Bush, se sont montrés profondément déçus que les pires attentats jamais commis aux Etats-Unis n'aient pas été prévus. "Cela est manifestement un échec de grande dimension", a estimé le sénateur Richard Shelby, membre de la commission du Sénat sur le renseignement.

De fait, le FBI avait avant le 11 septembre le nom de deux des pirates de l'air, savait qu'ils étaient probablement sur le territoire américain, savait qu'ils étaient liés à Al-Qaïda et pourtant il n'a pas averti les compagnies aériennes que ces deux hommes étaient sur liste noire. L'arrestation du Français Zacarias Moussaoui quelques semaines avant les attentats aurait pourtant pu les mettre en alerte.

Plus généralement, c'est la politique américaine de défense qui s'est retrouvée mise en cause au lendemain du 11 septembre. Alors que Washington a dépensé des milliards de dollars ces dernières années pour se défendre d'attaques à l'arme chimique ou bactériologique, avec des projets comme le bouclier antimissiles, censé protéger les Etats-Unis d'attaques balistiques de "Etats voyous" comme l'Iran, l'Irak ou la Corée du Nord, les attaques du 11 septembre sont venues de l'intérieur même du pays et ont été perpétrés avec des moyens dérisoires et grâce à une mauvaise sécurité dans les aéroports. La défaillance des services de renseignement a ensuite rendu possible le drame.

    
 

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