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L'échec des services
de renseignements
Les
attaques terroristes contre le World Trade Center et le Pentagone aux
Etats-Unis représentent un échec colossal pour les services de
renseignements américains, supposés être les meilleurs au monde.
Les Etats-Unis dépensent au moins 10 milliards de dollars par an pour
leurs activités de renseignement et anti-terroristes, qui comprennent un
système d'écoutes électroniques sophistiqué. Mais le 11 septembre 2001,
ils ont semblé être pris totalement par surprise par la série
d'attentats à New York et Washington.
Les services de renseignements américains avaient pourtant bien reçu
avant les attentats du 11 septembre des informations selon lesquelles
des partisans d'Oussama ben Laden se trouvaient ou se rendaient aux
Etats-Unis, mais ils n'ont pas su les exploiter pour déjouer ces
actions, selon l'avis de nombreux observateurs (politiques,
journalistes, spécialistes geo-stratégiques).
Dans une enquête, le quotidien américain the Washington Post met en
cause dans ce spectaculaire échec le manque de communication entre la
CIA (Agence centrale de renseignements) et le FBI (Bureau fédéral
d'enquête), l'insuffisance du nombre des traducteurs, notamment d'arabe,
la trop faible attention portée à l'analyse des données et le recours à
des équipements périmés.
"Au cours des deux dernières années, la CIA a câblé au FBI les noms de
quelque cent personnes soupçonnées d'être des associés d'Oussama ben
Laden et dont on pensait qu'elles se dirigeaient vers les Etats-Unis ou
y étaient déjà", selon le journal. Le budget du FBI alloué à la lutte
contre le terrorisme, qui était officiellement devenue la principale
cible de ce service, avait été triplé pendant les dix dernières années
et le nombre de ses agents chargés de recueillir des informations avait
été multiplié par cinq, souligne encore le journal. Mais "même s'il
avait une information, le FBI ne savait parfois pas quoi en faire",
ajoute-t-il. D'où peut-être ce surnom donné au FBI par de nombreux
américains "Famous But Incompetent".
De nombreuses critiques sont venues du Congrès où les parlementaires,
bien qu'ils aient resserré les rangs autour du président George W. Bush,
se sont montrés profondément déçus que les pires attentats jamais commis
aux Etats-Unis n'aient pas été prévus. "Cela est manifestement un échec
de grande dimension", a estimé le sénateur Richard Shelby, membre de la
commission du Sénat sur le renseignement.
De fait, le FBI avait avant le 11 septembre le nom de deux des pirates
de l'air, savait qu'ils étaient probablement sur le territoire
américain, savait qu'ils étaient liés à Al-Qaïda et pourtant il n'a pas
averti les compagnies aériennes que ces deux hommes étaient sur liste
noire. L'arrestation du Français Zacarias Moussaoui quelques semaines
avant les attentats aurait pourtant pu les mettre en alerte.
Plus généralement, c'est la politique américaine de défense qui s'est
retrouvée mise en cause au lendemain du 11 septembre. Alors que
Washington a dépensé des milliards de dollars ces dernières années pour
se défendre d'attaques à l'arme chimique ou bactériologique, avec des
projets comme le bouclier antimissiles, censé protéger les Etats-Unis
d'attaques balistiques de "Etats voyous" comme l'Iran, l'Irak ou la
Corée du Nord, les attaques du 11 septembre sont venues de l'intérieur
même du pays et ont été perpétrés avec des moyens dérisoires et grâce à
une mauvaise sécurité dans les aéroports. La défaillance des services de
renseignement a ensuite rendu possible le drame. |