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New York tourne la page
Une fois passé, dans l'émotion et le recueillement, le cap
attendu et redouté du premier anniversaire de la tragédie du 11 septembre,
New York s'apprête à prendre un nouveau départ.
Ce sentiment presque tangible de
soulagement était toutefois tempéré, au lendemain des cérémonies, par les
défis à relever pour reconstruire le sud de l'île de Manhattan et par la
certitude de devoir apprendre à vivre dans la crainte de nouvelles attaques
terroristes.
Les menaces d'un nouveau conflit avec l'Irak, nouvelle cible désignée de la
guerre contre le terrorisme menée par le président George W. Bush, pèsent
également sur la ville. «Ce que nos ennemis ont entamé, nous allons le
terminer (...) Demain, c'est le 12 septembre» avait déclaré mercredi le
président George¸W. Bush, dans son discours à la nation. «Une date
symbolique est passée, et notre mission se poursuit».
Le sentiment de deuil, de souffrance et de peine qui était si sensible au
cours de l'année écoulée à New York était, par bien des aspects, assez
étrange dans une ville qui s'est toujours définie par sa vitalité et son
exubérance.
L'anniversaire célébré dans les formes, les New-Yorkais peuvent désormais
travailler à retrouver leur identité, même si le sentiment d'insécurité
n'est pas prêt de s'estomper.
«Le seuil d'un an était un moment particulièrement significatif dans un
processus manquant de repères, parce qu'il est intérieur, compliqué et
contradictoire» estime Charles Strozier, psychiatre et professeur à la New
York University. «Je n'aime pas le mot "clôture". Vous ne pouvez pas fermer
une mémoire comme un compte en banque, mais ce premier anniversaire est
important dans le processus de transition pour la ville et ses habitants»,
ajoute-t-il.
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L'influent New York Times a
abondé dans ce sens, estimant dans son édition de jeudi qu'un cap avait été
passé, même si le traumatisme n'allait pas de si tôt être effacé.
Dans un éditorial intitulé «Et ainsi, nous allons de l'avant», le quotidien
estime que «le fait que nous regardions vers l'avenir (...) ne signifie pas
que les souvenirs ont perdu de leur importance. Nous vivons avec tous les
jours».
Laura Wickie, une journaliste financière qui avait descendu à pied 42 étages
pour s'échapper de la tour nord du World Trade Center en flammes, explique
qu'elle se sent jeudi soulagée d'un grand poids. «La semaine qui a précédé
l'anniversaire et le jour lui-même ont été très difficiles», assure-t-elle.
«J'étais à nouveau très anxieuse. Mais j'éprouve, maintenant que c'est
passé, un sentiment de soulagement. Le sentiment que nous allons de
l'avant».
Une question, émotionnellement très chargée, reste à résoudre : celle du
monument à la mémoire des 2801 victimes. Le débat sur sa nature et sa forme
divise depuis des mois les parties concernées, alors que les premiers
projets préliminaires publiés en juillet ont été très mal accueillis par les
New-Yorkais.
Le coeur du problème est que faire de Ground Zero, que les familles
considèrent comme une «terre sacrée», alors que d'autres estiment que la
priorité doit être donnée au développement économique.
Et New York a également d'autres problèmes, comme son déficit budgétaire de
quelque 5 milliards de dollars, les à-coups de Wall Street ou les scandales
financiers à répétition.
Giles Hewitt
Agence France-Presse
New York
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